12 déc. 2004

Crimes et délits

1. Ai vu Crimes & délits de Allen "Si ça plie, c'est drôle, si ça brise (casse), ce n'est pas drôle". A revoir. Songe m'en faire un autre ce soir -- et ouais, 2004, c'était ptet la fin qui rejoint le début. Comme si quelque chose ne nourrissait plus, et que cette chose l'avait fait jusqu'ici, plus ou moins bien. Voir ailleurs si j'y suis -- quand je devient un autre.

2. A y réfléchir, le premier décrivait ces passages à l'acte qui ne peuvent être que dans un état second -- alcool, frustration, etc. comme si ceux-ci étaient nécessaires pour que les passages à l'acte soient vécus le moins violemment possible (et du regard extérieur, l'alcool, la frustration, le-bout-du-rouleau portent la violence bien plus qu'elles n'aident en réalité les héros à la supporter;
-- et le numéro zéro était clairement le récit du non-passage à l'acte;
-- et le second est également une histoire de passage à l'acte qui se passe dans la violence -- comme si celle-ci était bien moins une nécessité qu'un état de fait; en s'approchant de leur liberté d'agir, les héros au fur et à mesure des récits devaient se soumettre à la violence même de la liberté d'agir -- c'est un peu en cela qu'il y a, ici, un certain mépris qui ne trouve en réalité sa source que dans la méfiance, vis-à-vis de ces personnes qui sont capables de tout dire et de tout faire, parce qu'ils semblent, au mieux dénués de tout intérêt, au pire, scrupuleusement avides, cette espèce de gloutonnerie existentielle sans estomac.

3. EXCIPIENT, subst. masc.
A. PHARM. Substance neutre à laquelle on incorpore le principe actif d'un médicament pour lui servir de support ou de véhicule. Médicaments à excipient aqueux. On conseille de la déguiser (...) dans divers excipients : confiture, miel (Vincent ds Nouv. Traité Méd., fasc. 5, 1, 1924, p. 196)

4. Les points de rupture.

11 déc. 2004

i trawl the megahertz

-- What's wrong ?
-- I'm fourty-nine.
Aurais dû sortir -- mais juste envie de rester là, même pas au chaud, juste être là sans avoir d'autres efforts à faire que d'essayer de se concentrer sur autre chose que tout cela -- ceci après la dispersion de la veille -- ivre de midi jusqu'au coucher à 2h. (les repas de Noël en entreprise, comme si j'y étais sans y être réellemment -- n'être qu'un passager clandestin dans cette entreprise. Ni parler, ni agir sur quoique ce soit, ne plus être là. Ni dégoût, ni espoir, un peu de temps comme du sable qui serait coincé dans cet infime espace qui sépare les deux réserves d'un sablier. Attendre juste cet instant qui se transformera en extase. Et oublier qu'on l'a attendu.

Peut-être aller dans un bar, y boire un café et fumer des cigarettes, avoir l'esprit suffisamment ailleurs pour ne pas avoir à lire et oublier tout cela.

Aller dans un bar, et voir si j'y suis -- et devenir un autre.

Why's everybody actin funny?
Why's everybody look so strange?
Why's everybody look so nasty?
What do I want with all these things?

I went alone down to the drugstore
I went in back and took a Coke
I stood in line and ate my Twinkies
I stood in line, I had to wait

7 déc. 2004

Le travail (1): YMCA

1. Sur le retour de cette première journée de travail, j'ai cru que je perdais la tête; non pas la folie verbeuse d'un Seul contre tous -- ce délire macabre qui explose la langue et ne fait de celle-ci qu'un flot sans cohérence, un flot de mots comme peut l'être la musique de Von Schirach -- une langue breakée (ie. le surréalisme, l'écriture automatique, etc.; ça serait d'ailleurs un bon angle d'attaque pour qui veut analyser ce genre de musique: le prendre par le bout du dadaïsme (avec la rage et la colère dont ils en sont la source; ie. Otto Muhl et le mouvement actionniste autrichien, ultra-violent; ie. l'ultime rage, dire et faire n'importe quoi --, non pas la folie à l'état de démence, mais celle qui conduit à l'ataraxie la plus totale: devenir aussi amorphe qu'un fruit pourri dont le jus en serait trop acide pour être goûteux, suffisamment fielleux pour rendre impropre à la consommation la gogue qu'il habite; le ressentiment.

2. YMCA. Repas au restaurant d'entreprise à côté, qui porte le logo Y rouge et stylisé de la chanson disco -- et dont mes nouveaux collègues de bureau temporaire m'ont dit: "tu peux aller manger au I M KA" -- comme si ils n'avaient jamais entendu la chanson pour s'amuser un tant soit peu du nom du lieu; c'est le genre de détail qui marque une personne, bien plus que sa nuque longue ou sa barbiche.

Je me rends dans le hangar dont ils m'avaient indiqué le chemin et demande au garçon qui tient la caféteria qui se situe à l'entrée, où se trouve le restaurant. Il m'indique dans une langue approximative le chemin; je le fais répéter plusieurs fois tant je ne comprends rien à ce qu'il me dit. Dans la salle, des hommes en bleu de travail sont affalés à des tables en plastique, enfermés dans des petits compartiments séparés par des décorations hors du temps, c'est à dire très années 80, c'est à dire moches et fanés, c'est à dire éclairés par des néons sales. Les ouvriers avaient des visages ravinés, les yeux hagards, il y avait quelque chose d'étrange chez ces hommes qui donnait à l'endroit une ambiance très révolution-industrielle-Zola. Le mur d'en face était décoré d'une fresque pastelle sale où se mêlaient un soleil sale et un jardin vert sale, où jouent des enfants sales qui sourient sur un fond gris et terne. Je traverse le couloir que le garçon m'avait indiqué. Des fenêtres longent le mur et donnent sur des espèces de bureau -- du moins c'est l'impression que j'avais en m'y rendant; en réalité, il s'agissait d'un atelier de couture et de tri de vêtements où travaillent, enfermés derrière des vitres en plexiglass, à la vue de toutes les personnes qui se rendent manger, des idiots, des retardés mentaux, les yeux rouges rivés sur des bacs remplis de bouts de chiffon.

Avec mon plateau-repas, je me rends à une table, et avale la pièce de viande et une platrée de nouilles -- pour seulement 3.85 euro. Le réfectoire est un hangar éclairé par des rangées de néon -- c'est un peu comme manger dans un garage auto, la crasse en moins et une propreté terne et grise qui fait regretter le camboui et le bruit de la ferraille. Je regarde une fille passer, que je trouve plutôt mignonne; je finis mon plat et vais à la caféteria prendre un café. Je m'installe au comptoir, et me retourne vers la salle; à une table, il y a la fille assise avec deux autres types qui discutent, et elle reste là, amorphe, le regard creux -- peut-être les écoute-t-elle, peut-être pense-t-elle à autre chose; elle se tourne de l'autre côté et elle reste là, légumeuse, inutile, psychotique. D'autres types à d'autres tables ont la même posture: vides, creux, débiles -- au sens psychiatrique du XIXème. Le serveur est lui-même un peu attardé; pas désagréable, mais juste bon à n'être que deux mains qui servent. YMCA.

3. Comme une colère qui ne serait que du ressentiment dégageant sa propre énergie, une colère sourde et muette, nécessaire -- et c'est curieusement ce que j'espérais y trouver; bien moins de quoi remplir le frigo qu'une raison pour être en colère.

6 déc. 2004

Rien -- promenade forcée à Blagnac, trois heures à marcher de rond-point en rond-point, d'immeubles en hangars, à insulter les voitures et perdre mon carnet d'adresse au pied d'une carte municipale, à retrouver un peu de contact humain dans un hôtel Sofitel pour passer un coup de fil (la situation aurait pu être risible (et elle l'était) si le réveil n'avait pas été tendu, une nuit pleine de rêves curieux sans souvenir et le néant au bout -- et deux heures en guise de consolation sous la couette à goûter le rien et chercher le vide, le passage obligé pour calmer une plâtrée de nerfs en boule -- et tomber sur une démo de Enjoy the silence, froide, distante, mal bredouillée (et retrouver un peu d'énergie à l'écoute de la version produite -- et comprendre une nouvelle fois de plus quel est le rôle du producteur -- tout comme celui de l'éditeur).

Me demande si je ne suis pas profondément dépressif comme gars.

2 déc. 2004

Entretien.

Test de personnalité:
  • stabilité: moyen moins
  • autorité: moyen moins
  • pondération: moyen moins
  • minutie: minimum
  • audace: faible
  • réalisme: faible
  • créativité: maximum
  • esprit d'équipe: moyen moins
  • conformisme: moyen moins
Test de leadership:
  • style du candidat: relationnel
  • résultat & performance: 9/20
  • animation & relation: 16/20
Raisonnement logique: 6/6

Me suis marré en lisant ces résultats "ainsi donc, c'est moi, ça ?" et puis ai pensé à la personne qui avait tout au maximum, c'est à dire quelqu'un qui serait super-social, super-stable, super-autoritaire, super-pondéré, super-minutieux, super-audacieux, super-réaliste, super-créatif, super-esprit-d'équipe, super-conformiste. En gros et en détail, c'est super connard.

29 nov. 2004

Découverte de Claude Simon -- quelques pages lues dans le bus, L'herbe, comme une espèce d'étonnement sur la technique d'écriture -- rarement eu autant l'impression de lire ce que j'aurais pu écrire (les longues parenthèses, les abus des non pas, des comme, des comme si, la guerre, le temps -- le temps qui s'éternise --, le temps suspendu -- le temps scellé --, la quasi absence radicale du point-virgule, l'ennemi juré du rythme.

Rendez-vous intérim dans la banlieue soviétique de la ville -- usine basse, toit en tôle rouillée, briques sales et béton fendu --, dans une espèce d'usine dans laquelle travaillent 200 personnes -- vision kafkaïenne de bureaux alignés de gratte-papiers --, on pouvait encore entendre le sifflotement d'un employé allant à la machine à café. Tous les murs étaient gris, ça sentait la pousière et l'odeur de la laine des gilets des secrétaires qu'elles portent sur leurs épaules, laissant pendre les manches le long de leur buste comme des vieilles chaussettes. Entretien avec un ex-nuquard, ayant probablement des vieux remords quant à avoir abandonné sa coupe de cheveux à la Rudy Woller. Maintenance d'un soft par avance mal foutu, la retape de code-maison, du boulot d'amateur que l'on ne peut pas critiquer parce qu'il est de la famille.

(Ai terminé hier soir Manhunt)

26 nov. 2004

Ai été réveillé par le tél. -- fax pub. --, journée creuse -- suis allé à Colomiers, situer l'endroit de l'entretien; village de banlieue terne (lumière d'automne rasante grise sale), de la brique, des hangars. Répét' sur kob i vento, bon boulot, content(s). Ai scribouillé des idées pour habib, à voir si ça peut tenir. -- couché 4h30. Bonsoir.

25 nov. 2004

Journée vaine; ai été réveillé par le téléphone "annonce, boulot, rdv le 2 déc."; comme un goût de fin de vacances, quand le temps se résume à un point à atteindre. Ai passé 5 heures sur Manhunt, à essayer de dégommer des bonhommes -- jusqu'au moment où j'ai compris que l'intérêt n'était pas de tuer les bonhommes, mais de passer le tableau, bon gré, mal gré. Ai croisé dans la rue Max., avec deux amis à lui; bouteille de gin à la goulée, discussion débile avec ses potes débiles; on se de demande pourquoi les gens sensibles traînent souvent avec des demeurés -- des idiots; revenir à Sh. et son "une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit & de fureur, qui ne veut rien dire".
Soirée Clarknova rigolote (4 bières, une de trop); y ai croisé la fille-sans-nom-facile-mais-tragique. Comme une journée de vacances, vaine, creuse, avec tout le reste qui va avec, que la frustration, l'angoisse et la dérilection appellent à taire.

23 nov. 2004

avant

Hier soir, le pugilat -- débat houleux avec M. -- partouzeur fini et anarcho-bourgeois, abonné à Meetic & à l'Huma --, après qu'il ait dit "C'était mieux avant! -- avant, avant, les années 70 & 80 -- avant, avant, maintenant tous des petits cons, maintenant tous des dociles, nous on luttait, on l'ouvrait, maintenant sont là à répondre à des quizz pour gagner une bouteille -- avant, avant, avant -- avant, avant, avant -- et l'autre idiot 60naire, décharné jusqu'à l'os de vinasse, qui riait les dents cassées jaunies -- avant, on pouvait gueuler dans les bars, maintenant on vient nous dire de la fermer -- avant, avant" (et moi et mes arguments mal fichus, mais c'était la conviction du dépit contre déjà le ressentiment, contre la nostalgie du temps mort -- et moi dans ce petit monde à l'ouvrir là, enfin comme un dingue, délivré par la parole -- mal agencée, mal construite, brouillonne, comme des premiers pas -- juste être là, à lutter non pas contre ce monde-là dans lequel nous sommes, mais contre ce monde de nostalgie dans lequel tout serait bien mieux -- ni flic, ni police, ni justice, des partouzes & de la drogue, de la liberté crénom d'une pipe -- ce monde qu'ils ont saccagé en prenant tout ce qu'il y avait à prendre -- et les écouter, leurs rancoeurs et leurs désillusions -- il faudrait qu'ils sachent que nous vivons déjà par dépit -- et là où ils arrivent, nous y sommes déjà passés ("quand tu y allais, j'en revenais"). Et notre jouissance dans l'intime qu'ils étalent sans remords.

Des écrans vidéos, des jeux en réseau, des musiques complexes, des missions d'intérim, des histoires d'amour compliquées, des solitudes à mi-mots, blasés de naissance, mais l'envie d'en découdre.

13 août 2004

s'y remettre

Dans ces heures intenses du silence, l'ascète se confronte aux
inclinaisons, aux ascensions de ses appétences, restant là roide & fixe,
non pas face à cette ligne d'horizon qui brûlait les yeux des
navigateurs de la Renaissance, leur intimait d'aller nulle part ailleurs
que là-bas
-- non pas roide & restant là fixe, face à cette ligne vers laquelle
son regard s'est déjà tourné et a été fasciné, l'a longuement
contemplée, et finalement l'a conquise (navigateur de la Renaissance aux
yeux brûlés par l'azur des tempêtes, à la peau tannée par le soleil, au
corps distordu par la violence de sa solitude embarquée)
-- mais roide, fixe & restant là, seulement paralysé par une masse
compacte vive et dense qui le cerne, qu'il n'inspecte même pas tant il
en connaît déjà la texture et la chaleur
-- territoire d'au-delà la ligne, où s'effacèrent une fois celle-ci
franchie le courage et l'ambition, où disparut toute l'appétence qui
avait fait de lui un homme comme une bête sauvage
-- alors las et redevenu homme, le corps gisant là et la langue sèche
collée au palais par le silence tenu
-- alors là étreint par une crainte qui accable ses ambitions de
parler, d'écrire, de lire, confronté là au flottement du désir de la
voix qui voudrait être parole, du désir de cette parole qui voudrait
être écriture, et du désir de ce regard qui voudrait la lire,
-- se mesure alors aux inclinaisons, aux ascensions de ses appétences,
dans ses heures intenses de son silence, cet ascète restant là, roide &
fixe.

30 mai 2004

Moustache

-- Je ne me suis pas rasé depuis lundi et tout à l'heure, en terrasse, tout en avalant mes deux chocolatines, je me demandais si ça ne vaudrait pas le coup que je garde la moustache, pour l'expérience. Tout d'abord, une bonne grosse moustache à la Bové, puis l'affiner jusqu'à n'avoir plus qu'un simple filet de poil, genre pervers gominé qui joue du couteau. Non ?

19 janv. 2003

N'ai pas fumé. Me suis activé, mini-prise de tête avec C. Suis allé au cinéma, Gangs of New-York. Y ai rencontré Monsieur Roland, sommes allés boire des coups (à dire vrai, c'est lui qui a pris toutes les décisions, n'ai fait que suivre). Discussion autour des projets, de sa relation avec le sexe féminin (propos misogyne). Me suis couché à 23h -- réveillé à 5h du matin, rêves érotico-crado-étranges, ai eu des bouffées de chaleur, soif.

18 janv. 2003

Réveil de cauchemards (dents et gencives, corps en bouillie, l'atrocité); ai fumé au réveil, fini le verre de vin, vidage du grand placard, jeter le superflu (tri dans les disques). Ai vaguement mangé, suis sorti (ai croisé Fabien, Téo), boutiques de disque (vu live à Greenwich village de Albert Ayler à 40€, Impulse vynil, ai réfléchi), achat d'un bouquin sur Munch. Humeur molle & triste, plusieurs coups de fil à C., qui s'activait bien dans son petit coin; ai regardé le premier épisode de Boogiepop phantom (bien mais dense), vaguement mangé, me suis mis au lit, lecture du Munch, retour à l'ordinateur, retour au lit. Sommeil au creux de l'oreille.

17 janv. 2003

Ai appelé C. plusieurs fois; appelé S., remontage de moral (ou comment se remettre par le rire noir) "mowowo". Discussion à propos des dessins et du texte, ai commencé l'autre texte pour C., humeur allègre avinée. Coucher sur le dos.

16 janv. 2003

Plusieurs coups de fil de C. (en forme). Ai pris le bus pour rentrer, suis allé faire les courses, boire un ti verre au tiCap, humeur maussade. Retour à la maison, déprimée. Pseudo-engueulade téléphonique, au lit à 22h. N'ai eu envie de rien faire, hormis me mettre au lit. Déprime hivernalo-existentielle.

15 janv. 2003

Etat vaseux de réveil de vin blanc. Rendez-vous avec le voisin du dessous, son plafond tombe en pièce, ma cuisine pointée du doigt. Ai fait le ménage dans l'attente d'une visite impromptue, ai attendu le propriétaire durant une heure, il n'est pas passé. Ai plongé dans la baignoire (l'un de mes endroits préférés avec mon lit). Fatigué, las. Me suis mis au lit à 22h. Humeur déprimée. Téléphone avec nou, deux déprimés cherchant toutes les occasions pour se ruiner le moral. Nous sommes doués.

14 janv. 2003

Ai acheté deux pantalons en velours (camel et prune), magasin comble, les clients gourdis, ai croisé H., sommes allés boire un verre au TiCap. Trois verres de vin blanc, lui ai raconté la déroute de la société, elle m'a raconté ses histoires au boulot; avons rejoint Ph. & Mq. au Matin, le café était affecté par le décés imminent de "Driss" (m'en souviens vaguement). Ai picolé du blanc (ai gaffé avec le bras en plastique d'un manchot qui était sur une chaise -- il se lave pas les mains --), suis passé à Pizza Lopez, ai maté une arrestation de loin dans la rue. Louloute au téléphone, strip-tease à la télé, Coca-Cola, pizza, vaseux de blanc. Louloute au téléphone, sous la couverture, dormir sur le dos, ne pas vomir, ne pas vomir, ne pas vomir.

13 janv. 2003

(Inhabituelle rédaction le soir même). Me suis allongé en entrant, mangé correctement, semoule-poulet-roquefort-pain-cramé, ai bu du vin, petit plaisir assommant. Ai fait une longue station dans la baignoire bouillante, ai retravaillé le second texte pour nou. Fin de la bouteille, ai découvert avec catastrophe amusé-honteux qu'une partie des dérivées a été écrite sur l'album des Rachel's qui s'appelle Egon Schiele. Grosse patate en action a sommeil. Lecture prévisionnelle au fond du lit des Vies minuscules. Dois mettre la main sur Boogie pop phantom.

12 janv. 2003

N'ai pas songé à l'anniversaire dans un mois (preuve que pour l'instant, tout va bien). Le réveil a bien sonné, ai miaulé au téléphone, c'était trognon. Suis allé chez Picard, acheté la semoule qu'elle m'avait conseillé, puis une bouteille de rouge (Corbières), suis revenu à la maison gelé. Le vin ne m'a pas prévenu avant de m'attaquer, ai quand même eu le temps d'éteindre la télévision et de ramper jusqu'au lit, sieste de deux heures (rêves étranges). Avais mal à la tête, suis allé prendre un café à la Coupole, rien de fascinant à voir (la mère alcoolique, le grand classique). Retour à la maison réveillé, ai appelé Nou, elle a travaillé aux dessins, j'ai bossé sur mon chapitre Quatre, ai bien avancé (le tout en écoutant Chostako). Le mal de tête est revenu, soupçonne le poêle de me provoquer ces douleurs. Ai vaguement regardé le début de Snake Eyes (me suis rendu compte de la supercherie du plan-séquence qui m'avait impressionné, ce film est bidon), bu le vin, clope, ai continué le 4, téléphone de temps en temps, c'est chouette. Fin du chapitre Les frères Bakroot, des Vies minuscules de Michon. Dodo.

11 janv. 2003

Ai couru de magasin en magasin pour trouver le cédé des préludes & fugues de Chostakovich, ne l'ai pas trouvé. Ai acheté une pomponnette, l'ai grignoté dans le froid, ai mangé vaguement puis me suis mis au lit -- avais décidé de passer l'après-midi au lit. N'ai pas fumé jusqu'alors, me suis endormi (sieste de digestion au chaud), ai fini le bouquin sur Egon Schiele, en écoutant Chostakovich, ai lu l'article le concernant dans L'histoire de la musique occidentale, ai essayé de lire fral, me suis résigné à plonker comme un salaud, au final il ne reste rien. Aucune envie de poster, ça doit être à cause de l'hiver. Ai appelé nou qui passait l'après-midi avec sa mère (aimerais bien la rencontrer), ai regardé la photo de Dieu Faulkner. Suis allé acheter du chinois, bu une bière (33 cl.). Avant de me remettre au 4, ai appelé nou de retour, me suis mis au lit, suis revenu au bureau, me suis mis au lit, suis revenu au bureau, me suis mis au lit pour m'endormir.

10 janv. 2003

Discussion à midi avec Gé. sur l'avenir de la société; avons élaboré une hypothèse plutôt pessimiste. Réflexions sur le kitsch de l'internet. Retour à la maison, glande. Ai regardé Spiderman, a forcément ébahi le gosse que j'étais et qui grimpait au mur de tout le voisinage. Coucou de nou qui était au restaurant russe & vodka. Ai un peu poursuivi sans trop de motivation sur le 4.

9 janv. 2003

Ai affiné le plan de La stratégie (en suis à la moitié de la première partie); étais euphorique au retour, mais perte de temps à cause du voisin du dessous qui a son plafond qui est tombé. Alors visite, inspection, appel du propriétaire, ne suis pas en cause, par contre ai été obligé de ranger mon appartement, de faire la vaisselle, nettoyer la cuisine graillonneuse, parce que ça va circuler (vont chercher des preuves qu'ils ne trouveront pas, les discussions sur les tuyaux percés et les machine-à-laver). Ai donc perdu pas mal de temps, Nou, vin, chips, puis ai pris un bain vers onze heure, à la sortie n'étais plus motivé, ai imprimé une photo de Faulkner (cette photo sur laquelle Michon a fait le portrait) qui a été accrochée au-dessus de l'ordinateur, Dieu me regarde enfin. Finalement me suis mis au lit, la tête en carafe, le vin était bouchonné.

8 janv. 2003

Lever au treuil. Suis allé acheter l'aspirateur, l'ai essayé (obligé de ranger la chambre, vais devoir faire un vrai ménage par le vide), problème avec mon PC. Ai regardé un reportage sur la guerre du Golfe, suis resté sans voix, écoeuré. Ai appelé Nou, ai fait le ménage, coucher tôt (23h30), lecture du Egon Schiele (bientôt fini). Trop fatigué pour pouvoir écrire une ligne.

7 janv. 2003

Elle m'a à moitié réveillée dans le train. Ai continué à prendre des notes sur La stratégie (la nouvelle direction est arrivée). Ai découvert sacred hymns de Keith Jarrett, puis après une longue station dans la baignoire bouillante, ai recopié la page de la veille, coup de fil (l'humeur était enjouée malgré la pomme qui n'en fait qu'à sa tête), ai poursuivi sur le 4 (au fur et à mesure que ça touche à la fin, apparaît le volume vers lequel je veux tendre), en écoutant Godbless you! black emperor (m'a rappelé feu He's on fire -- ma jeunesse (?)). Lecture du Egon, dodo au creux de l'oreille, le fil enlacé autour de la taille.

6 janv. 2003

Réveil excité par la neige au-dehors (me revois mangeant des madeleines, le nez contre la fenêtre, regardant le palmier du voisin recouvert), sinon bureau sans intérêt (ai écouté le concert de Köln de Jarrett -- lumineux & jouissif --, ai lu un site sur les révisionnistes, ai poursuivi le plan de La stratégie. Retour en ville, petit tour à Midica, sommes promenés, traversée du parc -- instant rare --, me suis vaguement endormi au creux de l'épaule, elle est repartie, bus 52, retour à la maison. Ai mangé en regardant un bout de L'été de Kikujiro, puis me suis mis aux Dérivées. Elle semblait anxieuse. Coucher, écriture dans nouveau cahier.

5 janv. 2003

Lever 9h32, chaud et tard, trainasserie au lit, petit déjeuner. Ai été cherché le pain, les cigarettes (le froid est là, c'est l'hiver, premiers frissons). Suis resté à la maison et Monk, vaisselle, télévision (ma prochaine résolution: arrêter de regarder la télévision comme un âne; autres résolutions prises dans la journée: apprendre un poème tous les 15 jours, découvrir un peintre tous les mois), ai recopié la correction du 4ème. Suis allé boire un café, en rentrant ai écouté Coltrane, rendez-vous pris au pont, promenade, l'ai vu arriver de loin (la mère-noëlle rose), ai couru tout en ayant le sens du ridicule (c'est bon d'être bête!), louloute. Ai regardé Apollo XIII, m'en suis voulu -- aurais dû travailler, ai pris des notes ridicules --, ai lu Egon SChiele, coucher 1h32.

4 janv. 2003

Lever tard, cigarette au réveil, petit déjeuner rapide, ai passé un certain temps dans la baignoire. Ai fait les courses, ai acheté les Inrocks pour le cédé (me promet d'envoyer une chanson pour la fin de cette année). Sommes retrouvés au coin de la rue, avons bu un demi-demi, il pleuvait fort. Avons mangé la charcuterie, le fromage, écouté le cédé, avons un peu dansé (surtout l, ai été rapidement ivre et pris d'un mal de tête). Louloute dans les plumes. Soirée migraineuse et maussade, ai écrit au lit (d'après idée de la veille sur le 4).

3 janv. 2003

Lever au forceps, lecture de Vies minuscules dans le bus, petit déjeuner de madeleines au bureau, rien de spécial (ai continué le plan de La stratégie). Rendez-vous au pont, avons bu une bière dans un café étroit, mal à l'aise. Traversée du pont en faisant des prises de judo, avons été voir JLo, une autre bière à l'étage. Pitrerie avec couronne en papier, elle renouvellant sa danse sur le carreau de carrelage (slipette 2), moi le roi lubrique d'un royaume décadent avec la couronne de travers, elle a dessiné un calendrier, les dates importantes. Retrouvé Alex M. et Julien "suce mon couille", ai promis d'acheter les Inrocks. Petite promenade excitée au bus, ai déambulé à la recherche de nourriture, retour à la maison, omelette de reste, la fatigue reprenant le dessus. Ai cherché les accords de Take the 'A' train, tentative de la jouer en simplifiant les accords, ça sonne à peu près. Affalé sur le clavier, ai trouvé plat le 4ème ch., couché épuisé de la scie dans l'ordinateur (devrais retirer le second disque, c'est lui qui atomise). Sommeil mou.

2 janv. 2003

Réveil actif (étirements, baillements, saut du lit allègre), petit déjeuner et orange pressée, retour au bureau apaisé sans les têtes (à la fin de l'empire, nous y reviendrons). Humeur paisible, me suis laissé tenter à ne rien faire (activité pleinement dans mes capacités), un peu de bidouille, de tout & de rien. Rendez-vous pris à 18h avec Cl. (oubli volontairement inconscient du rendez-vous chez le dentiste "mais je croyais que vous preniez des vacances, je vous prie de m'excuser"), ai fait quelques courses en rentrant, Cl attendait, massage d'épaules, doucettes et tutti quanti, apéritif 1664 à la table, cigarette & mandarine. Dans le canapé, Cl a repiqué du Linda "la grosse vache" (le casque sur les oreilles lui confère une allure drôlatiquement extra-terrestre), ai bidouillé attentif le site -- ai essayé d'être crapuleusement fatigué, pas dupe quant à l'enjeu tout autre qu'une simple sieste -- le silence dans la pièce était serein, chacun à nos oeuvres de diverses envergures. Rendez-vous pris pour 21h, repas de soupe sur l'année du zapping, affligeance et désoléance, la panique à bord (me suis alors souvenu de mon engouement pour Loft Story, et pour le match France-Danemark pour des raisons extra-sportives). Ai travaillé sur les dérivées, à la bière et concentré. Correction de trois illisibles pages, l'humeur allègre était presque hystérique, plaisanterie de haute-volée avec Cl. (va falloir trouver une autre abréviation, celle-ci ne me plaisant guère), "dragqueen qui a chopé le SIDA" (le parfum Gaultier), "tou mé beur el mou", les péripéties des crottes de nez entre les touches du piano (l'idée de la liste des mauvaises résolutions pour l'année 2003 (verra-t-on en 2003, se réaliser le dicton "jamais 200 3"), n'empêche ses résolutions sont rares). Lecture du Schiele, nuit agitée (rêves étranges d'épouvante).

1 janv. 2003

Ai passé le réveillon chez Claire (avons assisté au spectacle de Zinki Winki), ai bu le vin, discussion post-moderniste sur les sujets post-modernistes en arts plastique (où comment paraître intelligent tout en buvant du vin). Lever à 13h30, mal de tête de vin blanc, humeur à rester au lit, mais somme toute enjouée. Suis allé au rendez-vous du pont, Cl. en manteau rose de père-noël, traversant la route en petits bonds de biche, "elle veut pas que je cours à sa rencontre quand même ?". Petite promenade rédemptrice, ouverture d'appétit -- poêlée de patates sautées et hâchée -- en compagnie du facteur à bicyclette (éclats de rire). Cl. a repiqué, ai remis en place le site, petite promenade, endormi dans le canapé, lecture du livre sur Schiele, dormir -- ravi.

15 mars 2002

Soirée molle; me suis endormi vers 19h, me suis réveillé vers 21h, ai vaguement mangé, me suis couché tôt.

14 mars 2002

Suis allé voir In the shadow of the sun (Derek Jarman), film expérimental sur musique de Throbbling gristle; film sur lequel il est possible de délirer jusqu'au bout - le soleil & la face cachée du soleil, l'entre les deux est cette ombre, ce film même, etc. Concert de Robin Rimbaud aka Scanner, garçon timide, musicalement rien de vraiment innovant ou déroutant, mais fait avec tact donc émouvant. Des nouvelles têtes en vue; en outre ai remarqué l'absence des "technozungles".

13 mars 2002

Suis allé à la soirée vidéos expérimentales annexia; intéressant; le public est nouveau, nouvelles têtes en vue. Ai continué dans le lit les petits chats, nouvelle idée, prolongation du temps.

12 mars 2002

Ai continué Je m'appelle le Rouge, me rappelle Calvino; écriture des petits chats sur table de la cuisine; rythme au bon train.

11 mars 2002

Ai mangé à midi avec Cé.; ai continué Je m'appelle le Rouge, me rappelle Calvino; écriture des petits chats sur table de la cuisine; rythme au bon train.

10 mars 2002

Ai écoute l'opéra de quat'sous, petit déjeuner, le soleil dans l'appartement, la fenêtre ouverte. Ai songé à carrément écrire un opéra façon Weill/Brecht, facétie vis à vis des comédies musicales. Ai acheté Je m'appelle le Rouge (Pamuk), Le Baphomet (Klossowski), L'essence n de l'amour (Belhaj Kacem). Coup de fil de H., grippée. Lecture du Pamuk, ai rangé mes étagères, me suis promené. Ecriture et correction serrées sur la table de la cuisine. Studieux.

9 mars 2002

Réveil matinal mal à la tête; ai appelé H. à propos de la soirée de la veille; ai bricolé une mélodie pour l'animation de Mme Mo La disparition. Ai commencé le tricotage à la main de la récriture de la seconde partie des petits chats, aime bien cette activité - tout aussi réjouissance que le premier jet. Ai fait un peu n'importe quoi question bouffe, ai écouté du grindcore; ai songé à écrire un truc sur le grindcore. Endormi le ventre creux.

Vendredi 8

8 mars 2002

Ai acheté Exit (Surya), la télévision (Bourdieu), Tableau analytique du cocuage (Fourier). Ai fait des recherches sur Zourabichvili et sa femme Anne Nancy-Bichvili (grand ami de Ph.) Suis passé au Matin, ai passé une partie de la soirée avec Ph.et Mq., H. étant malade. Ai frôlé l'incident diplomatique quand Ph. a parlé de la lettre écrite à H. cette été après notre week-end en Espagne. Ai foutu ma merde dans le quarteron de prof. de philosophie dans l'assemblée. Ne suis pas allé à la Tantina des burgos, suis rentré à la maison, en faisant un crochet par le Petit Cap., discussion avec Ramsés, avec un sandwich sous le bras. Ai appris la joyeuse réussite de FA. à son entrée aux Beaux-Arts.

7 mars 2002

Suis allé au Père Louis, puisque ai reçu avant-hier un SMS sur mon geiger m'invitant à 19h; n'y ai vu personne - hormis la fameuse Karine avec laquelle nous nous étions retrouvés dans une boite gay, où elle m'avait montré le contenu de dessous sa jupe, puisqu'elle avait pris pour siège le comptoir du bar; suis allé voir JLo, y ai pris un verre de vin rouge, lecture du libération sur le comptoir. Soirée scud party sur fral; n'ai pas mangé; lecture de quelques pages MBK, endormi creux.

6 mars 2002

Ai été chez le coiffeur, discussion étrange, décalée; où le coiffeur (d'ailleurs un ami à JLo) me demande quel rôle je joue sous mes lunettes et mes cheveux; ne trouvant pas de réponse, il me dit qu'il y a un côté kafkaïen, quelque chose de "bureaucratique/fonctionnaire", ce qui m'a fait rire et lui aussi. Avons également discuté des autres salons de coiffure où les discussions de rigueur sont le temps et les nouvelles lignes du métro à Toulouse. Suis allé au Matin après, lecture du Cri du sablier; ai été saisi par le rythme alexandrin du texte, jusqu'à compter sur mes doigts les syllabes. A la maison, ai regardé le dernier volet du documentaire sur la torture durant la guerre d'Algérie, ai pensé à mon père et son silence qui a été lui aussi appelé du contingent, ai poursuivi les petits chats (travail de correction & de récriture).

5 mars 2002

Ai continué Le cri du sablier, vraiment saisissant. Ai été vraiment lessivé de tout le week-end, ai repris les petits chats, écriture à la main sur cahier petits carreaux, ai écouté les suites pour violoncelle de Bach, au lit tôt, les jambes allongées étirées.

4 mars 2002

Ai commencé Le cri du sablier de Chloé Delaume, écriture saisissante. Après le travail, ai été fissa chez Mme Mo, amener mon travail de la nuit dernière; y ai retrouvé Push crispé à l'ordinateur, s'acharnant à l'installation du graveur. Y avons passé deux heures sans succès; avons mangé le repas préparé d'une main de maître par Norio; Push s'est tué la voix à faire la seconde voix, la soirée c'est fini par un concours de rot devant le microphone - où Norio me rappelait le japonais dans le sinistre Grand Bleu, où comment suivre une préparation quasi olympique, avalant l'air et des litres de coca-cola pour sortir un rot long et profond, ponctué d'un rire de l'assistance. Suis rentré à la maison, me suis affalé épuisé, somme toute satisfait du travail. Croisons les doigts.

3 mars 2002

Levé à 9h30, ai été prendre le petit déjeuner dans le café du commerce de la place. Dans le guidon toute la journée en levant la tête; circulation monomaniaque entre le bousier, le canapé et la télévision; ai bien avancé sur ma partie. Ai trop fumé. Suis passé voir Mme Mo, avons bidouillé en sorte de se faire une idée, éclats de rire, c'est pas mal; des points à régler mais en bonne voie. En revenant, ai été voir H. qui revenait de Castres avec Ph., elle s'était pétée le talon d'une chaussure; suis revenu chez moi, ai fini mon bidule, très enthousiaste - envoi de plusieurs mails à Mme Mo. Couché une heure du mat', à bout.

2 mars 2002

Levé à 9h30, ai été prendre le petit déjeuner dans le café moelleux; ai vaguement lu Libé, étais déjà dans mon bousier. Dans le guidon toute la journée en levant la tête; circulation monomaniaque entre le bousier, le canapé et la télévision; ai bien avancé sur ma partie. Ai trop fumé. Suis passé voir JLo pour l'apéritif fait de limonade et de fraise. Une femme, la quarantaine élégante, est entrée dans le café, a commandé un whisky coca; ai illico pensé à mes petits chats, c'était flagrant; ai fait l'andouille. Ai enregistré la nuit des Césars pour Mme Mo, ai regardé en pointillé. Couché dans la nuit de dimanche.

1 mars 2002

Ai reçu un message urgentissime de Mme Mo (cf. PasK), annoncé un week-end chargé. Suis passé chez elle, bonne petite grosse nouvelle des Editions H.; Norio écrivait des paroles pour son prochain tube avec Push. Me suis mis au taf mollement vendredi soir - ai trouvé le thème; couché tôt pour être efficace le lendemain.

28 févr. 2002

Ai attendu les photos de FA.; suis passé au café moelleux - un panaché; cette fois-ci c'était Marvin Gaye -, puis suis allé voir Raphaël au Carnot - m'a offert deux verres de vin rouge -, puis suis allé voir Fantômes de Jean-Paul Civeyrac (en avant-première); ai rencontré Saïma dans le petit chinois à côté de la salle - la même salle se situe à côté du Libertio. Dans la salle il y avait 2000 & Bachir; film poétique sur les disparitions; ai été un peu gêné par le jeu de l'acteur principal, film inégal mais qui ne manque pas d'ingénuosité ni d'intérêt. N'ai pas assisté à la totalité de l'entretien avec le réalisateur, étais trop fatigué. Lecture des petits chats avant le dodo.

27 févr. 2002

Ai retrouvé H., Ph. au vernissage de Jean-Luc Parant; très belle exposition - dois y retourner -; la fille de Jean-Luc Parant est ravissante (tout de rouge vêtue); nous étions dans un recoin, et Ph. dit "et si on changeait de perspective ?", la mienne me convenait, vu sur le sein donné par la mère à son enfant. Avons poursuivi sur un autre vernissage plus modeste - peinture vert gris, des clous ou des trompettes, difficile à discerner -; suis passé chez Manu & Mimi, PasK nous a rejoint, délire autour du "pité énkélé dé ké, pé pa l'enkyé" [putain enculé de con, je ne peux pas l'enquiller], des produits ménagers, du projet de PasK; ai récupéré les cédés; ai mangé de frites pas cuites sur le retour; mail de FA. pour les portraits, endormi mollement mais rapidement.

26 févr. 2002

Ai été bouquiné dans le café moelleux; un verre de vin blanc & cigarettes. Tentative d'écriture sur les petits chats, mais ai besoin de recul, suis arrivé au point où un semblant de plan apparaït. Ai reçu un mail de PasK très encourageant quant à l'avenir (*), m'a remis en joie. Coup de fil de H., lui ai fait part de cette info, nous nous sommes fixés rendez-vous pour un vernissage demain; pris un rendez-vous avec Manu pour les bandes du disque et du court-métrage. Me suis couché tard, excité par les nouvelles.

25 févr. 2002

Me suis remis au petit chat; humeur presque enjouée bien que petit déchirement au creux de l'après-midi. Coeur d'artichaut. Ai été presque ému à la lecture du passage de l'imparfait au présent de l'écriture du soir.

24 févr. 2002

Levé tard, suis allé chercher mon pain, ai joué à Rapido dans le café aux posters de Johnny, n'ai pas gagné; grosse glande à ne pas me souvenir de choses concrètes, ai fait une lessive; ai fait du gueuloir pour me remettre dans la première partie des petits chats, envie de m'y remettre sérieusement, mais n'en ai pas encore trop la force; ai commencé à faire une longue réponse à Burgaud sur e-critures. Ai regardé Les randonneurs, pas mauvais mais pas aussi transcendant comme La femme interdite, ai regardé les deniers plans de Jackie Brown, lecture de la Généalogie.

23 févr. 2002

Levé tard - 11h30 -, suis allé prendre mon petit déjeuner au Grains de café - le café moelleux -, l'étudiante serveuse, et le drôle de couple là tous les samedi; n'ai pas décollé de chez moi, ai bricolé des sons - destruction métallique sonore, cha-cha lancinant ovalien -; me suis endormi en fin de journée pendant deux heures; suis allé faire mes courses à Monop', pluie, ne suis pas ressorti, ai un peu scribouillé; la glande jusqu'au milieu de la nuit.

22 févr. 2002

Suis passé voir JLo; il n'allait pas du tout - problème avec sa copine, sa mère, le dojo zen -; discussion en écoute, y suis resté un bout de temps - bien après le changement de service, le petit capitole s'anime après 22h; rencontre hasardeuse avec Xav. M., discussion sur l'e-critures. Suis rentré tard, ai mangé des frites sur le retour.

21 févr. 2002

Me suis endormi de travers en arrivant, le cou tordu au réveil. Ai relu certains passages des petits chats, n'ai pas eu la force de m'y replonger; ai retrouvé sur un vieux cédérom les archives perdues de 1999 (mails à Kar., quelques textes de l'époque minitel), lecture dans mon lit surélevé de la Généalogie - où comment Nietszche parle de l'inconscient, de la culpabilité, 50 ans avant Freud).

20 févr. 2002

Ai mis le sommier, ai dormi dans un vrai lit. Ai pris un bain sur les orgues de Bach, ai un peu écrit, les mots laborieux; ai relu quelques pages du journal, intriguant comme le coup de barre de la semaine dernière avait été pressenti; toujours lecture de Nietszche, enthousiaste.

19 févr. 2002

Ai mis en ligne la nouvelle mouture. Ai été un peu mieux (*); toujours aucune envie d'écriture, de quoique ce soit. Ai fait une lessive, rangé la maison, ai regardé Independance Day, "ils" l'ont fantasmé leur 11 septembre. Rarement vu un film qui s'enfonçait autant dans la médiocrité, à chaque réplique un nouveau palier est franchi. Très marrant. Lecture de la Généalogie de la morale, évident qu'il a un sens plus fort après le 11 septembre 2001 - les bons, les méchants.

18 févr. 2002

Ai continué la refonte du site; bientôt en ligne malgré les lenteurs; toujours pas repris les petits chats, me fais peur de remettre le nez dedans; ai été au resto avec H. et une copine à elle, discussion sur la maison de cette dernière, la télévision; lentement les choses reviennent à la normale, mais grosse fatigue et lassitude. Discussion au téléphone avec H., le fantôme, la transparence. Ai envoyé mail à Pouch pour la discussion sur le modeleur.

17 févr. 2002

Ai été encore plus angoissé que la veille; migraine persistante; ai commencé relecture de Nietszche Généalogie de la morale. Ai vu H., discussion autour de tout ça, migraine, n'ai rien fait. Couché tôt - 10 heures.

16 févr. 2002

Ai pris petit déjeuner au Grains de café. Journée vide et angoissée. Ai fini Quelqu'un de Pinget; ai lu Exil intérieur de Roland Jaccard - livre nul en soi, mais des bonnes citations. Ai eu mal à la tête, me suis couché à 9h du soir, dormir vide.

15 févr. 2002

Ai passé ma soirée chez Manu & Mimi; il y avait PasK & Nor, JéB & Chantal - ils sont partis assez tôt. Début à la vodka, discussion avec JéB sur Dumbtype & Rioji Ikeda, ai fait le malin avec Pinget, ai entendu le tube de Push Allez Japon avec Nor. au mic.; bonne blague de JéB sur Lourdes et les pneus neufs du tétraplégique. Avons mangé velouté velouté de PasK, était bon; ai continué sur vin rouge, fumage de machines, avons fini la soirée sur Pictionary en mime; Manu, Nor. & moi avons perdu lamentablement; Manu était livide, ai fini le vin rouge, rentré à la maison sous la pluie, sans avoir à réfléchir si j'existais encore.

14 févr. 2002

La lecture de Quelqu'un m'a fait rire; d'heure en heure, l'humeur allait vers le bas. Ai appelé H. pour quelques verres, elle ne pouvait pas; ai mangé du fromage, bu du vin, suis passé voir JLo mais n'était pas là, rentré chez moi, bu du vin, fumé une machine, endormi sale.

13 févr. 2002

N'avais pas envie de parler, ai refusé invitation de H. pour quelques verres, me suis couché tôt, sans force, au fond.

12 févr. 2002

Ai été lessivé de l'insomnie de la veille; mail ridicule de mon frère ("l'âge d'être responsable", le délire de l'homme mûr), ma mère inattentive au téléphone, agacement. Coup de fil à Pascale pour l'histoire de la fille d'il y a 10 ans presque. Première soirée réellement noire de l'année (*). Ai décroché le téléphone, ai essayé d'écrire, mais trop écoeuré pour quoique ce soit, endormi tôt avec la 3ème de Gorecki.

10 févr. 2002

Ai continué la seconde partie des petits chats, ai commencé à être satisfait - la difficulté de trouver la musique sur laquelle écrire; se résoudre à Arovane & Phonem. Ai été au Salon bocal, ai rencontré Pascale & Norio, Pouch & Pouchette, Manu & Mimi. Avons assisté au concert en différé de ANT., interrompu par les plantages successifs de l'ordinateur; intéressant et reposant. Pascale m'a donné la suite des évènements, forte possibilité de travailler pour les Editions du R. Ai discuté avec Pouch du projet de l'interface du logiciel, puis jusqu'au délire d'un projet de jeu; l'idée me plait, suis convaincu du succès. Ai tenté de mettre à jour mon bousier.

9 févr. 2002

Lecture de Quelqu'un (*). Suis resté à la maison, ai remis en état la seconde partie des petits chats, travaillé toute la nuit, bu du café, ai bricolé des sons débiles, couché tôt dans la nuit de dimanche, n'ai vu personne, n'ai pas parlé.

8 févr. 2002

Ai travaillé à la refonte du site. Ai été voir JLo puis ai retrouvé H. et Ph.; ai été en forme

7 févr. 2002

Grève des bus, ai été énervé par un automobiliste, bras d'honneur à la berline allemande. Ai travaillé à la refonte du site. Ai été voir JLo, verre de vin rouge, retour par un sandwich grecque, de la sauce blanche il y en avait partout. Allongé dans le lit, avec la 3ème de Gorecki, écriture des petits chats, serrée et nerveuse, me suis fait un cocon avec la couette, ne me souviens plus dans quelle condition la lumière s'est éteinte.

6 févr. 2002

Me suis endormi en entrant. Ai pris un bain chaud, en écoutant Nobekazu Takemura - l'album aux photocopieuses -; ai fait de l'écriture automatique sans trop de succès hormis deux-trois phrases pas inintéressantes; les blocages sont au rendez-vous. Ai fini les Confesions d'un mangeur d'opium, lassant sur la fin; ai commencé H de Sollers. Me suis couché tard, quasi-insomnie.

5 févr. 2002

Ai vu H. dans les couloirs, l'accident de voiture de ses parents. Me suis endormi en entrant; réveil une heure après, repas fait de salade-vinaigrette, viande et pommes dauphine surgelées; ai éprouvé un certain plaisir à regarder BurgerQuizz. Tentative de bain sabordé par le chauffe-eau, finalement ai pris douche froide; ai eu résolument froid. Ai divagué sous la couette avec ma machine, me suis levé à 1 heure du matin, pris d'un manque; ai rempli 2/3 d'une page petit carreau de mon écriture de petit chat. Ai préparé l'envoi pour FA.

4 févr. 2002

Etais lessivé du voyage d'affaires; ai poursuivi sur les petits chats, découpage en 3 parties définitives. Couché tard malgré tout.

3 févr. 2002

Sommeil difficile, levétôt, mangé tard un seul repas; ai mis à jour ma discothèque, n'ai rien fait. H. m'a appelé, pour son histoire de coeur, lui ai fait part de ma lassitude et du chaos dans la cervelle - qui parle quand la voix est polysémique ? -; me suis relevé avant de m'endormir, ai noté les idées pour Les petits chats, enthousiaste.

1 févr. 2002

Heures sup'; ai lu sur papier les petits chats, n'ai pas été convaincu, ai mis ça sur le compte de la fatigue - le texte demande une certaine attention; n'ai rien fait.

31 janv. 2002

Ai décidé de faire une pause dans les "petits chats" - plus de 30 feuillets en 15 jours, c'est l'heure de relever les doigts des claviers, un peu trop obstiné à remplir de la page - la qualité sur la fin s'en ressent; il est temps de faire le point. Ai l'impression d'avoir malgré tout franchi un palier dans l'écriture, envoi en lecture à FA. qui s'est proposée; pendant ce temps, dois rechercher le propos qui ne veut pas se laisser dire; éprouve le même phénomène qui se passait sur le divan, le blocage face à une idée, à des mots, bien que leurs présences soient fortes. Ai bricolé des sons - plaisir ridicule mais fortement jouissif; ai discuté avec le pizzaman, suis parti avant qu'il ne me sorte sa carte du FN

30 janv. 2002

Heure sup, rentré tard; suis passé au Petit Cap', rencontre fugace avec Alex M.; ai discuté avec JLo de tout de rien, ai bu deux verres de vin rouge; ai fait mon pitre auprès d'un petit groupe (2 filles + un type apparemment amouraché à aucune d'elles), sans de vue réelle, juste pour la pitrerie & le bon mot, jolies fossettes. suis passé par la Colombette, ai croisé rapidement Max. interrompu par le préparateur du sandwich me demandant sauce blanche ou ketchup; Max n'est pas à Venise finalement; échange d'adresse puisque nos téléphones sont actuellement coupés; un peu plus haut, ai rencontré Sylvz, nouvelles de Ant. et de Ol. A. qui a donc fait un remix pour Björk - il n'a évidemment pas oublié de me rappeler qu'elle était avec lui, avec ce frisson dans la voix comme si c'était quelque chose d'absolument exceptionnelle; il vit maintenant à Montréal; nouvelles de 2000: boule à zéro, travail de merde; nouvelles de Zoltan: vit à Prague; nouvelles de Sylz: rien; ai continué mon chemin, suis passé devant les prostituées de l'Est qui campent devant Saint-Aubin; me suis fait la remarque qu'elles étaient tout en noir - long manteau noir -, comme si elles étaient en deuil; l'une d'elle m'a souhaité "bone apétite", l'ai remercié en faisant une espèce de petite révérence; rentré à la maison; ai regardé Serial Experiments Lain 2 & 3, de plus en plus étonnant; possibilité d'écrire dessus; ai vu que Malbreil & Dalmon m'avaient bien giclé du Livre des morts, incognito; devrais peut-être envoyer sur la liste de diffusion mon opinion quant à l'é-critures pour définitivement marquer la cassure; devrais peut-être plus simplement fermer ma gueule et attendre que "les petits chats deviennent des lions".

29 janv. 2002

Ai continué à étudier des solutions pour la refonte du site; les grandes lignes apparaissent, possibilité d'une monstruosité - ou d'un concept génial; dois forcément me limiter dans le temps. Ai regardé le premier épisode de Serial Experiments Lain, ai été très enthousiaste, m'a rappelé sans commune mesure l'idée originale de Level 5 de Chris Marker, le mort physique qui continue à envoyer des signes à travers les réseaux informatiques; mise en scène lynchienne, frise le génial. Ai continué mollement Les petits chats, trouvé l'idée du texte de conclusion, ai commencé à le rédiger, cette fin me plait. Ai reçu l'échéancier de mes impôts, rassuré. Me suis remis à bricoler les sons, curieux mix entre Radiohead et Lamb, pas inintéressant, mais n'y vois aucun avenir.

28 janv. 2002

Ai commencé à étudier techniquement la refonte de ce site. Lecture des Confessions d'un mangeur d'opium anglais; me suis endormi en arrivant, ai dormi pendant 2 heures. Maussade et angoissé. Appel de FA. pour des détails techniques et d'autres choses moins futiles. Feuilletage de l'Anti-Oedipe où ce n'est pas l'enfant qui est coupable de vouloir baiser sa mère, mais le père qui culpabilise d'être jaloux; de fait, l'enfant doit gérer l'inconscient de son père. Me suis recouché sur ces bonnes paroles.

27 janv. 2002

Ai dormi, mangé, dormi, mangé, dormi. Stress financier, n'ai pas trop fumé. H. m'a appelé. Dans ma baignoire, avais la certitude qu'elle m'appelerait. Avant de me coucher, ai continué Les petits chats; Na. va bouger sur Paris. Week-end à méditer sérieusement quant aux jours à venir. Tentative de lecture de L'attente, l'oubli, n'y ai rien compris. Bizarrement, ai la très grosse sensation que Blanchot parle de sa relation avec Duras, c'est tellement flagrant, c'est ça qui me dérange en définitive.

26 janv. 2002

Il a fait beau; ai ouvert les fenêtres, ai petit déjeuné de fromage, thé, oeuf; ai été voir Les convoyeurs attendent, puis Rosie, sa vie est dans sa tête; les deux films sont émouvants, une préférence pour Rosie, à la limite de la folie, portrait de l'adolescence à la limite; Rosie a d'ailleurs quelque chose dans le nez, les joues et les yeux qui ressemble à FA. Tentative incroyablement compliquée pour prendre un café avec Na.; n'a pas eu lieu, elle préfère bricoler ses cartes de voeux que d'être en ma présence solaire. Ai fabriqué des pizzas, avec une sauce tomate maison (tomates + oignons + un condiment n'ai plus le nom en tête + huile d'olive); pas mauvais pour manger devant la télévision. N'ai pas passé plus de 10 min. sur l'ordinateur; rassurant. Ai feuilleté au hasard L'attente, l'oubli de Blanchot, suis tombé avec le même hasard sur la phrase "Mystérieux, c'est ce qui se met à découvert sans se laisser découvrir"; en ai fait part à FA. N'ai pas écrit une seule ligne. Au retour de Rosie, me suis fait une paranoïa dans les rues; suis un peu québlo dans ma tête.

25 janv. 2002

N'ai rien fait au travail; ni téléchargement, ni écriture, ni même travailler; ai nettoyé mon bureau et fait semblant d'installer une nouvelle version de Internet Explorer - de toute façon ça plantait; ai retrouvé au Matin H., Ph., Mq. ainsi que d'autres dont n'ai pas les noms en tête; me suis couché assez tard, la tête en boule; ai commencé Les confessions d'un mangeur d'opium.

24 janv. 2002

Ai fini 4 pages par 4 Les âmes mortes; exaspérant. Ai fini de récupèrer les épisodes de Serial experiments Lain, manga conseillé par David; ai récupéré Jin-roh, à mes yeux un grand film avant tout; ai reçu un autre dessin de FA., magnifique; ai entendu à la radio Gilles Mayné (professeur au Mirail d'ailleurs) pour son bouquin Pornographie, violence obscène, érotisme, à propos de Bataille; vais jeter un oeil dessus, le bonhomme volubile dépassait du cadre de l'émission; marrant et intéressant. Ecouter le journal de 7h de France Culture, c'est forcément se réveiller révolté; rarement entendu un journal aussi peu conventionnel - si l'on compare à celui de France Inter, qui ramone souvent dans les chemins de terre de Jean-Pierre Pernaud. Pierre Bourdieu est mort; petite pensée pour le type vu dans La sociologie est un sport de combat; n'ai pas lu une seule ligne de lui, mais ce documentaire montrait un esprit puissant et d'une finesse rare (l'épisode où il est invité dans une MJC de banlieue; il est attaqué de front par un éducateur venu "se faire Bourdieu"; après l'attaque frontale de l'éducateur, Bourdieu lui sort: "je suis là pour chercher comme vous des solutions, je comprends que vous soyez en colère, mais réfléchir, c'est le minimum, et si vous ne faites pas cela, alors permettez-vous de vous dire que vous êtes des cons"). Songe ardemment à récupérer des articles de journaux, la situation en France me déplait de plus en plus, marre de cette merde ambiante, de la "sécurité" à tout bout de champs, les partis pris honteux, du jemenfoutisme français, des crottes de chien sur les trottoirs, des voitures qui foncent alors que le feu est rouge, des regards inquisiteurs des épiciers quand un "jeune à casquette" entre dans le magasin, alors que la vieille dame qu'il sert avec le sourire à laisser son cher toutou répandre sa diarrhée sur le trottoir, ne parle pas du champs politique où c'est la catastrophe (le discours de Chevénement à son meeting était sur "les femmes et la famille"; Chevénement, "travail, patrie, famille", rire en demi-teinte, puisque Ph. veut voter Chevénement). Hormis ça, Les petits chats m'enthousiasme de plus en plus; convaincu que c'est bon; heureusement qu'il y a déjà ça, et autre chose, mais n'en dirais pas plus, de peur de me dévoiler.

23 janv. 2002

Ai bossé toute la soirée sur Les petits chats; ai été surpris d'entendre au journal télévisé de France 2 que deux israëliens avaient été tués par un palestinien, alors que France Culture le matin même annonçait 5 palestiens tués par l'état israëlien; comme si on annonçait le résultat des matchs de football en tronquant les scores. Humeur enthousiaste inquiétante, rappelle vaguement les périodes d'excitation qui précédaient les dépressions profondes; devrais songer à me calmer un peu.

22 janv. 2002

Ai appelé H. pour avoir des nouvelles; lui ai parlé de H. A. et de son Ingres, comme moi, elle n'y croit pas; ce type vit dans sa tête. Proposition d'aller au 22, mais rendez-vous annulé par les deux parties, fatigue et flemmardise. Ai écouté Ekkehard Ehlers, minimaliste; ai un peu avancé sur Les petits chats, la première partie mange les deux autres par la taille (deux tiers de l'ensemble, la partie 2 & 3 se battant pour le dernier tiers); tout de même satisfait de la dernière partie, mais des doutes quant à la possibilité de pouvoir garder une telle musique sans me répéter. Commence à éprouver les premières résistances à finir - à l'achèvement -, dois les outrepasser, en envoyant à FA.; idem avec Le manuscrit. Humeur de soirée douceureuse; tentative d'écriture Petits chats sur cahier au lit, crois avoir écrit n'importe quoi. Mais la résistance est belle et bien là, c'est ennuyeux.

21 janv. 2002

Ai reçu mon caleçon et mon bonnet - la disparition du caleçon m'avait perturbé durant tout mon séjour; comment mon caleçon avait-il pu disparaître, je l'avais même soupçonnée un temps de les collectionner comme d'autres le font avec les petites culottes); ai porté mon bonnet toute la soirée (cf.http://groups.google.com/groups?q=ventoliv+bonnet&hl=en&selm=36D707CA.9CE371B4%40club-internet.fr&rnum=1), comme quoi ce n'est pas un mythe. Ai cuisiné une sauce bolognaise maison, me suis régalé, ai regardé I comme Icare, la manière de filmer les banlieues est surprenante, propres et rangées, comme si les tours sortaient d'un autre temps, un futur passé. Ai continué Les petits chats, découpage en trois parties évidentes.

20 janv. 2002

Couché tard dans la nuit de samedi à dimanche; ne me souviens pas d'avoir été constructif - traduction du texte de No ghost just a shell (http://www.airdeparis.com/pann2.htm), ai buté sur le sens de "like Drop dead in a comic book", ai cherché sur le net des softs du genre "virtual human", n'ai pas été convaincu. Ai fait le ménage, en écoutant Songs for Drella. Ai gravé des cédés pour ma soeur et FA.; ai écouté musique de Java - fascinante, m'a rappelé les journées entières homme-qui-dort à n'écouter que ça; suis passé à la librairie de la Colombette, y ait acheté Le cri du sablier (Delaume), Confessions d'un mangeur d'opium (de Quincey). Ai préparé un plat immonde à l'oeil et dégueulasse à la bouche; ai travaillé sur Les petits chats (pas d'avancée fulgurante); ai feuilleté Anti-Oedipe, pour leurs délires sur les machines désirantes; me suis vautré devant la télévision avec mon plat immonde; ai gribouillé quelques lignes sur une suite probable des petits chats; me suis endormi enthousiaste. Mais on était déjà demain.

19 janv. 2002

Samedi 19Ai été cherché du pain, ai dû me ressoudre à me rendre chez la folle qui me fournit les chocolatines & pain au lait de mon petit déjeuner du bureau; me suis arrêté chez un encadreur, y ait trouvé des affiches intéressantes (fascination devant un Nicolas de Staël, ai trouvé de quoi décorer mon appartement livide); ai bu un grand bol de lait; me suis rendu au Salon Bocal, y est pris une truie, il ne se passait pas grand chose dans la cave, préparation des lectures par les poètes exp.; y est retrouvé P. P. et H. A. qui nous a sorti un micro-bombe (mais faut-il le vraiment croire, ce garçon a le chic pour s'inventer des vies): il aurait déniché à Saint-Sernin un Ingres à 5000 fr., qu'il aurait revendu quelques millions; ai du mal à le croire, mais tout est possible. Suis allé voir Chloé Delaume; quoique l'on puisse dire de ses livres, elle est excessivement jolie - fossettes & mimiques comprises; débat de haut niveau animé par M. http://www.chaoid.com, confirmation que la littérature avance là où les journalistes et les Dantec ne cessent d'en voir la fin, peut-être parce que finalement ils se consacrent plus à lire les journaux qu'à lire les livres; on se souviendra longtemps encore d'un Jérôme Provencal (pigiste aux I.) quittait la salle, probablement venu pour voir la "bête" et rien d'autre, ce jeune homme à le chic pour m'énerver; dès qu'il est dans un endroit (cinéma, concert, exposition) où j'y suis, impression d'être à l'endroit où il faut être vu. Ai commencé à avoir une migraine et mal au ventre

18 janv. 2002

Ai été au Petit Capitole, rendez-vous avec Na., Cé & son bout de chou Tom; ai pris une bière ai vu dans Libération la chronique du dernier disque de Chauveau; me souviens de l'émission qu'il faisait après nous, et de la fois où l'on avait passé sur toute la longueur la pièce Six pianos de Reich, des appels d'auditeurs demandant à ce que l'on arrête de passer ce truc "trop chiant"; puis la question de Chauveau ("qu'est-ce que c'est ?"); me souviens d'avoir surpris une discussion dans un bar, il y a quelques mois, où Chauveau parlait de cette pièce; en lisant cette article, me suis senti un peu affecté, il est vivement temps que les publications commencent. En voyant Tom écrire à peine nos noms - tracés encore hasardeux des lettres - me suis dit que pour lui l'écriture n'est encore que du dessin, avec un peu de sens derrière; me demandais comment le passage de la graphie à l'écriture se fait-elle, dans quelle mesure les lettres prennent du sens autre que visuel. Ai déprimé en rentrant chez moi, tout devenait noir & sombre, desséché & aride; ai répondu à FA., et me suis allé à faire le sot, jusqu'à me faire rire; cela allait nettement mieux après; en ai tiré mes propres conclusions

17 janv. 2002

Ai commencé la journée salement: bus en retard, énervement des jeudis (cf. ma théorie des jeudis de l'angoisse); fin de journée plutôt agréable, dans le bus avec KidA qui ne décolle pas de mes oreilles depuis son achat; ai réaménagé mon bureau-chambre, disposition plus agréable; Na. m'a appelé, avons discuté de choses & d'autres, FA., David et Les petits chats. Couché tôt, avais le tournis. Ai également reçu un message à propos de ce journal; il est probablement tout autant ennuyeux à lire qu'à faire, puisqu'il ne se réserve qu'à récapituler d'une manière froide et sans intimité les journées qui passent et les faits plus ou moins marquants. Mais comme il est noté au Mercredi 16, il entre dans un projet qui m'est encore flou bien que la finalité ne le soit pas.

16 janv. 2002

Suis passé au Petit Cap', y ai lu. En arrivant, il y avait une petite enveloppe dans ma boite aux lettres, et l'écriture du "bonne année" ressemblait à celle de Catch; étais très surpris, tellement surpris que je n'y croyais pas; c'était en définitive Na. et un joli petit carnet de diapositives égyptiennes. Il y a des personnes comme Catch, desquelles on a toujours du mal à croire en leurs disparitions, même si il faut parfois se rendre à l'évidence que la Terre est grande et que le hasard est rarement arrangeant. Ai travaillé sur Les petits chats..., content de ma session. ICQ session avec FA., lui ai montré ce journal, ses remarques sont très justes - journal plutôt ennuyeux à lire, finalement pas très intime, mais ai bien l'intention de reprendre certains jours pour les intimés un peu plus (ai des idées quant à ce projet, ne se contentera pas uniquement d'étaler jour après jour une existence, mais d'en faire le tour; laisser monter la mayonnaise, réfléchir à des solutions techniques plus adéquates en vue d'en arriver au projet dans la tête Autobiographie d'une bombe; pour l'instant se contenter du jour à jour, dois prendre l'habitude d'écrire tous les matins). FA. navigue molle et ai rêvé d'elle; me souviens d'avoir serré ma couette entre mes cuisses. Me sens un peu minable de n'avoir pas écrit le texte pour le montage de David; mais content de ma soirée, morne et silencieuse.

15 janv. 2002

Ai récupéré deux films: American beauty, Virgin suicides. Ai continué Les âmes mortes dans le même café que hier; pas mal, passe essentiellement du jazz 40-50, il n'y a quasi personne; y ai fumé des cigarettes en buvant du vin blanc, tentant d'attirer l'attention de la serveuse en prenant mes poses loques - affalé sur la banquet. Ai fait un gratin dauphinois, meilleur que la dernière fois, mais moins bon que celui que l'on trouve au rayon surgelé des grands magasins. Me suis couché de très bonne heure - 22h37 -, me sentant capable de rien, sommeil à récupérer des nuits précédentes; envie de changer de pays, signe de déprime alentour. Ai tiré, en accord avec David, que nous sommes des clônes; c'est le seul mec depuis une décennie exactement qui appartient à mes amis, les autres étant des amies.

14 janv. 2002

Ai récupéré deux films: Happiness, A clockwork orange, ai regardé le début de Happiness, alors tout aussi vachard - voire plus - que TellingStory. ai été énervé par l'attente du bus et une femme qui n'arrêtait de critiquer tout ce qui passait sous ses yeux pochés de chien ivrogne; ai été prendre un verre dans un café, entendu les Temptations, lecture des âmes mortes; ai bien travaillé sur "Les petits chats...", ai ri lorsque me suis surpris d'écrire comme sous hypnose, sans savoir comment les idées viennent; le texte prend du volume et les entrées sont plus nombreuses - ouvrir une brèche dans laquelle les mots s'engouffreront.

13 janv. 2002

N'ai pas fait grand chose; ai été au marché, ai lu, ai travaillé sur Les petits chats..., ai été voir La ciénaga avec H.

11 janv. 2002

Ai acheté L'adolescent immortel (Klossowski) et H (Sollers); suis définitivement dans une période lecture, chose plutôt rassurante compte tenu de l'aphasie totale de ces six derniers mois. H. m'a dit qu'il n'y avait mardi soir aucune animosité particulière "monsieur-je-me-fais-des-films". Suis paranoïaque. Ai lu le Klossowski, intriguante pièce de théâtre qui rappelle assez évidemment les tableaux de Balthus où les enfants sont des petits anges aux sourires de Malin. Ai dormi de 19h à 23h, ai mangé, me suis recouché illico.

10 janv. 2002

Ai été gastriquement malade une partie de la journée; ai dû aller dormir dans les toilettes à l'étage. Ai poursuivi sur Les petits chats..., ai été voir Jean-Loup, il m'a fait un grog; il y avait Sandrine; discussion avec JL, Sandrine & Fred sur les différences fondamentales entre Desproges, Coluche, Bigard & Patrick Sébastien - "le petit pingouin en moûûûûsssee". Me suis endormi le mal au ventre en Etna concentré.

8 janv. 2002

Ai commencé à lire Bouvard & Pécuchet au bureau; ne m'a pas intéressé. David m'a caché qu'il avait commencé à travailler sur la bédé; suis ravi et aimerais voir cette mystérieuse planche. Ai acheté Un homme qui dort (Perec).

7 janv. 2002

Première journée de travail après les vacances; n'ai pas été très productif. Ai fini d'installer mon PC, me suis lamenté une partie de la soirée sur la perte de tous mes mails de l'année 2001. Ai commencé à récolter des textes courts en vue d'un recueil. Je suis un con.

6 janv. 2002

Ai écouté le Top FNAC-Skyrock au réveil-matin. Ai continué En attendant Godot qui trainait sous la table. Ai dormi une partie de l'après-midi; le soir, ai regardé Les tricheurs de Barbet Schroeder (Jacques Dutronc est bouffi et le film décevant). Ai fait le ménage, lavé le linge sale, la cuisine graisseuse et les assiettes au velours de moisi. Insomnie, ai entendu à la radio l'Opus 43 de Rachmaninov.

2 janv. 2002

Sommeil difficile, début d'insomnie; ai passé la journée au bureau avec Lo., mise au point pour lundi; en ai conclu qu'il était préférable d'aller au bureau un samedi, travailler en écoutant de la musique et fumant des joints qu'aller un autre jour sans pouvoir prendre ce genre de liberté. Ai été pris d'une frénésie d'idées pour les petits chats, le blocage se détend. H. m'a appelé dans la journée, ai pensé qu'elle voulait me voir en solo, mais avons décidé d'un restaurant malgré tout, Ph. était avec elle; il était fatigué; ai eu du mal avec les silences. Ai senti que je commençais à dérailler - me parle trop dans la tête, les idées fusent trop vite, possible que la petite voix devienne dans peu de temps un chaos total. Ai bientôt fini Les confessions d'un mangeur d'opium.

28 déc. 2000

Lycée Cabanis, dortoir 3

Je me souviens, j'avais redoublé ma première (jamais je ne m'étais alors imaginé qu'un jour je me souviendrais de cela; on n'imagine jamais que l'on se souviendra de ceci ou de cela, on vit sans avoir trop conscience que ce qui nous restera seront des souvenirs; on pense alors à autre chose, aux cigarettes qu'il faut aller acheter, à savoir si c'est le bon moment d'enlever le caleçon, de faire les comptes, mais la mémoire guette et ce qui semble futile devient alors un souvenir, une trace). Si je parle de cela, c'est que cela fait 10 ans. On aime les chiffres ronds parce qu'ils symbolisent, bon gré mal gré, un passage, une étape; que cela soit la dent de lait que j'avais glissé sous mon oreiller, que cela soit ces dix années que je viens de parcourir sans trop de nonchalance, il reste l'impression d'un chemin effectué. Je me souviendrai toujours de ce message sur mon répondeur laissée par Catherine F. qui me lisait une contribution du regretté Singette lequel avait lui aussi mesuré le chemin que j'avais parcouru en quelques années; un parcours jalonné de pas grand chose, de si peu de choses que je les serre près de moi et les laisse briller comme des feux de Bengale; parce qu'il n'y a pas de mal à avoir à se réchauffer, même si ce n'est qu'avec quelques braises. Certes je n'ai pas fait tout ce dont je rêvais de faire à mes 17 ans, mais j'ai réussi là où d'autres ont échoué, peut-être par lassitude, probablement par distraction. Et pourtant il s'agit de si peu, de presque rien; ne pas s'asseoir sur la satisfaction d'un rien; on conquiert si peu d'espaces que quelques pas suffisent pour les franchir.
C'était une année très amusante. J'avais un très bon ami dont je n'ai plus de nouvelles et la classe était très sympathique. Je me souviens de Nicolas B. qui avait amené un oreiller en cours de français; il s'était fait virer du cours; je me souviens que ce jour-là je m'ennuyais: on étudiait Barrage contre le Pacifique. Je me souviens aussi de Christophe et de Elodie qui m'avait pris pour confident et leur grand frère -- j'avais tout de même une année de plus --, je me souviens des répétitions dans la salle de bain du dortoir, avec nos guitares à 500 fr., nos amplis de 20 Watts, la fenêtre qui donnait sur la salle de biologie; me souviens de cette biture énorme avec Yann et avoir été malade pendant 2 jours; me souviens de Christophe et que j'avais failli lui vomir dessus; c'était passé près et on était mort de rire à l'idée que j'avais pu lui vomir dessus. Me souviens d'avoir essayé les peaux de bananes, mal de tête, me souviens de mon camarade de box qui avait une icône dans son placard et qui priait tous les jours; me souviens de le voir faire des pompes au réveil alors que j'étais encore endormi; me souviens de la copine à Mathieu dont j'étais aussi amoureux; me souviens des soirées spiritisme -- j'ai toujours la feuille sur laquelle on avait noté ce que le verre avait dit --; me souviens qu'on avait fait manger au grand idiot de la pâté pour chien; me souviens que je regardais à la fenêtre du dortoir à 17h; avec Yann on regardait les élèves sortir; on parlait des filles qui passaient, on se racontait la journée; me souviens de Jean-Yves qui était vraiment un type très bien; me souviens des lettres de sa mère et qui m'avait écrit pour me dire qu'elle avait été touchée par les lettres que j'avais écrites à son fils; elle m'avait offert une copie d'un livre de Abel Bonnard (sic) sur l'amitié; elle était psychanalyste ou quelque chose dans ce goût-là; me souviens que Jean-Yves avait été pincé en pleine nuit dans les réserves des cuisines; me souviens du carton que l'on glissait dans le bouton de la veilleuse pour que la lumière du couloir ne se coupe pas; me souviens du concert de Gallon Drunk; me souviens des Smiths écouté en boucle; me souviens des déambulations nocturnes dans les couloirs du lycée; me souviens de Patricia F et des cours d'histoire le samedi matin après le sport; me souviens qu'il m'avait mis gardien de but et l'enjeu de l'équipe était que le ballon n'arrive surtout pas dans notre camp; me souviens du café que Yann faisait à 17h, me souviens de son harmonica, des tubes que l'on écoutait en boucle et de cette fille dont il ne cessait de parler, me souviens de Nicolas qui est mort il y a quelques années, me souviens de la salle de musique et de mon premier larsen -- je l'ai toujours sur cassette, quel souvenir: un premier larsen c'est comme un premier baiser, ça fait des frissons partout même si c'est sur un ampli de 10 Watts; me souviens de l'arrivée de l'été et des révisions pour le bac de français que l'on entrecoupait de parties de guitare & harmonica; me souviens d'avoir vu pour la première fois Karine, me souviens des rêves de Jean-Yves de faire un concert sur le toit du gymnase, me souviens du journal que je tenais, me souviens de la photo de Nico que j'avais attachée à l'intérieur de mon placard et aussi de la grenouille; me souviens que c'était un sentiment très fort; il y avait quelque chose qui sonnait enfin juste dans ma vie.
Je referme la parenthèse, 10 années sont passées. J'entends encore Yann me dire:
- T'es accordé ?
- J'y suis presque, je suis presque accordé.
(...)
Garder l'*objectif*, garder la ligne ferme et se rendre compte qu'en lâchant un peu de leste, de prendre de l'aisance dans mes mouvements me rend plus gracieux, il est toujours possible d'arriver à bon port.

10 juil. 1999

Insensatez

Celles et ceux qui connaissent cette chanson peuvent s'imaginer cette humeur particulière qui vous traverse parfois comme une vague. Celle d'avoir le sentiment que l'on a conscience de tout. Nous vivons au cœur d'un silence et aucun mot ne peut nous atteindre. Nous nous replions, nous nous engageons dans rien, rien n'existe si ce n'est cette sensation d'être pleinement le croisement, d'être à cet instant précis où l'on éprouve cet émoi, au croisement des déceptions, des joies, des espoirs passés, toutes ces choses qui nous ont conduit à ces secondes où l'homme se referme sur son présent, prenant conscience de sa réalité sans l'inscrire dans le Devenir, ne lui offrant aucune chance, ne lui faisant présager aucune douleur, aucune mésaventure. Nous vivons alors pleinement le deuil de notre vie et le silence s'impose à nos lèvres. Nous ne disons rien parce que nous ne pouvons rien dire. Nos yeux se replient lentemment sans soif de voir, parce que voir c'est déjà se projeter dans la réalité et l'on refuse toute réalité si ce n'est celle qui nous rempli et qui est nôtre.

"Ne souffle pas, cela pourrait faire envoler cette plume qui vient de se poser sur ton bras" dit-elle. Elle prit une olive, l'enfila dans sa bouche, ses lèvres se refermèrent, son menton velouté nacré.

Je bats lentement avec ma tête le tempo, mes mains glissant sur le clavier, ta bouche n'est pas loin mais elle souffle, elle souffle lentement, j'aurais préféré que tu sois morte, j'aurais eu moins peur de t'embrasser, j'aurais eu moins peur de ta réaction, j'aurais eu moins peur de ton amour parce qu'il m'appartiendrait totalement, il serait mon imagination, c'est ainsi que tu m'aimerais, comme je l'imagine. Tu n'existerais pas et je pourrais t'aimer totalement, entièrement, sans crainte de me voir rejeter, sans cette peur de ne pas être aimé pleinement, dans toute son intégralité, sans cette peur que l'autre puisse éprouver un amour différent que celui que l'on peut avoir.

Insensatez.

Il y a nul dégoût, nul ennui, nul regret, nul remord. Cette impression que toute fin est un point de départ.

Tu t'allonges ici et là et tu disparais tout le temps. C'est ainsi que je te perds. Tu n'existes pas. Tu glisses, tu es transparente, à peine visible lorsque l'on garde les yeux grands ouverts et deviens si réelle quand les yeux se referment. Qui es-tu, où vas-tu ?

Cette impression que toute fin est un point de départ, mais le point de départ de quel chemin ? Le soleil se lève à l'horizon et c'est toujours vers lui que l'on marche inlassablement, vers l'éveil, vers la naissance puis vers la continuité.

L'affiche du Sacrifice dans le hall du cinéma. Un arbre squelettique. Ta main se pose sur ma peau, au dehors on entend quelques voitures passer, nous ne disons rien parce que nous ne pouvons rien dire. Nos yeux se replient sur ce que nous ne possédons pas.

Appelle-moi parce que je suis une mort qui n'en finit pas de s'éteindre. Se mouvant en dessous, un autre sentiment que je ne possède pas parce que sa grâce, sa force pourrait dévaster ce qui meurt en moi. Et je ne veux pas mourir d'amour d'une autre, je veux mourir de moi-même comme l'on meurt d'une déception amoureuse, d'une blessure grave et profonde. Un déchirement. Se déchirer parce que l'on se désunit de l'autre, l'autre que l'on aimait, qui nous a déçu parce qu'il ne nous aime plus, ne représentant plus rien à ses yeux, juste une image fanée, incolore. Se déchirer à soi-même, mourir à soi-même, mourir de soi-même, se séparer de ce que l'on fut, cette image que l'on voulait garder, cette blessure qui n'en finit pas de s'ouvrir quand on songe à ce que l'on ne sera pas, que l'on ne sera jamais. Admettre au moins cette réalité. Faut-il changer pour devenir un autre, un simple glissement pourrait suffire. Il n'est peut-être pas nécessaire de tout déchirer.

Ma place n'est pas dans la solitude, dans le repli, dans la tristesse des sociétés. Ma place est dans le commun des mortels. Que l'on aime pour ce qu'ils sont. Ma vie se réduit à un choc violent entre le silence et l'amour.

"Ne pleure pas, ce n'est pas la peine, ça n'en vaut pas la peine, ça n'en vaut pas la peine. Viens ici, va là, réduis toi à ce que tu es, non pas à ce que tu veux être."