1. Aller au cinéma est un bon prétexte pour ne pas y aller.
2a. Nous ne sommes pas sûrs, alors nous tordons nos bouches qui meurent sur un gêne.
2b. Les doigts serraient, en boule, en rang d'oignons. Il faisait chaud là-dessous, j'osais pas trop.
2c. Juste collée là sous le nez, prendre le bras comme une couverture.
3. Ai vomi toute la journée; non pas une petite fois, non, toute la journée, à chaque gorgée d'eau. Quand l'eau ne passe pas, ce n'est pas nécessaire d'essayer de faire passer autre chose, ça ne tiendra pas.
4a. Ai entendu une émission sur Pierre-Jean Jouve; à feuilleter.
4b. Ai croisé Max.; proposé de travailler à son journal, L'ingrat.
4c. Ai tout de même travaillé sur Les colonnes.
5. Ai retrouvé ce morceau de Codeine, qui commence par "When i see the sun".
6. Nous nous prenions les doigts, comme si nous ne dormions pas, où alors cela était écrit dans le rêve qu'il fallait le faire. C'était donc peut-être ça, la conspiration en chambre à coucher.
27 janv. 2005
25 janv. 2005
42xxx
1. Robert Pete Williams. Notes. La figure du grand-père -- c'était un homme d'une cinquantaine d'années, qui avait fui tout ce dont il avait rêvé (tout ce dont il avait espéré un jour faire dans sa vie -- de faire de sa vie); il s'asseyait tous les jeudi à la même table du café de la gare, spasmodiant sur une guitare des choses crues, le visage grimé de suie. C'est là, que la jeune fille l'a rencontré. (Après il poursuit ses élucubrations dans la rue.)
2. Adieu, de Arnaud de Pallières.
3. POL, lettre n°42xxx.
4. Habib, Wonderwoman, les superhéros, la boue, le blues, le rap, Finkielkraut et sa critique du rap "des pauvres idiots qui ignorent tout de la poésie et qui dénature machin-chose". Et les bluesmen, ils faisaient de la poésie, peut-être ? Peut-être que nos chers vieux réactionnaires post-soixantuitards ont à redire des paroles minimales et mal fichues des bluesmen du delta ? Alors, qu'à mon humble avis, ils sont pliés à genoux devant ces enregistrements, y trouvant une poésie, une parole "vraie". Alors qu'ils auraient été à cette même époque, ils auraient tout autant vomi dessus qu'ils ne le font actuellement sur le rap. 60 ans après les premiers enregistrements blues, le jazz a été "un peu" reconnu par les institutions -- ne pas oublier qu'on balançait des boulons sur Albert Ayler. Vivement dans 40 ans, pour voir ce que le rap sera devenu -- et la littérature putassière y trouvera fort probablement un renouveau.
2. Adieu, de Arnaud de Pallières.
3. POL, lettre n°42xxx.
4. Habib, Wonderwoman, les superhéros, la boue, le blues, le rap, Finkielkraut et sa critique du rap "des pauvres idiots qui ignorent tout de la poésie et qui dénature machin-chose". Et les bluesmen, ils faisaient de la poésie, peut-être ? Peut-être que nos chers vieux réactionnaires post-soixantuitards ont à redire des paroles minimales et mal fichues des bluesmen du delta ? Alors, qu'à mon humble avis, ils sont pliés à genoux devant ces enregistrements, y trouvant une poésie, une parole "vraie". Alors qu'ils auraient été à cette même époque, ils auraient tout autant vomi dessus qu'ils ne le font actuellement sur le rap. 60 ans après les premiers enregistrements blues, le jazz a été "un peu" reconnu par les institutions -- ne pas oublier qu'on balançait des boulons sur Albert Ayler. Vivement dans 40 ans, pour voir ce que le rap sera devenu -- et la littérature putassière y trouvera fort probablement un renouveau.
23 janv. 2005
dimanche
1. Vendredi avec E., Nico Icon, champagne, lire le journal de Kafka, ne pas faire d'efforts, promenade nocturne, un dernier pour la route.
2. Samedi; ai raté la séance du Procès. Goodfellas, La vie sexuelle des belges, Buckaroo Banzaï.
3. Dimanche, dormir, sortir acheter du pain, revenir, dormir, Mort sur le gril (surprenant film de Raimi, scénario des frères Coen, cartoonesque, drôle), dormir, manger des serpents en pate sucrée, réfléchir aux Colonnes.
2. Samedi; ai raté la séance du Procès. Goodfellas, La vie sexuelle des belges, Buckaroo Banzaï.
3. Dimanche, dormir, sortir acheter du pain, revenir, dormir, Mort sur le gril (surprenant film de Raimi, scénario des frères Coen, cartoonesque, drôle), dormir, manger des serpents en pate sucrée, réfléchir aux Colonnes.
20 janv. 2005
plan du 5 (v1) - L'idole.
1. Quelque chose en 5 mots. Le vernissage. Echapper au point de rupture (une nouvelle fois). L'une soulève l'autre entraîné dans la course par l'une. L'une se raccroche bien malgré elle, l'autre s'effondre mais ne peut chuter, bien malgré lui. L'histoire de deux trajets se dessine, une nuit comme un point de rencontre de deux trajets: l'un veut tomber mais ne le peut (soit pour raison de destin, ou par simple pose de désir de déchéance, bien plus que par volonté de déchéance; et puis peut-être que la volonté ne suffit pas pour ce genre de chose, peut-être qu'il y a quelque chose de sur-humain qui vous pousse à ne pas tomber; comme si au-delà de toute volonté de succomber, il y avait encore quelque chose qui vous empêchez de succomber réellement).
2. Je l'ai vue.
3. Quelque chose en 7 mots.
4. Comme un instant de grâce, quand le point de rupture est inévitable, quand tout est joué et l'on suit les règles comme l'on se lasse de jouer, c'est à dire avec désinvolture, sans intérêt. Tricher parce qu'il y a plus de plaisir à gagner en s'inventant ses propres règles qu'en suivant les règles prédéfinies.
5. Quelque chose en 3 mots. La perte. "Elle est morte. Je suis là". Le portrait de la morte -- et non de la mort en elle-même; juste le corps, et non la souffrance ni la douleur; juste le corps et rien d'autre, comme le dernier repli de l'avoir-été-vivant. L'essoufflement du coeur. Continuer ou s'absoudre. Faire des choix? Faire le point. N'être qu'un poseur ou un lâche, juste avoir échappé à cela, et même sans succès, rester là. Le héros découvre qu'il y avait en cette rencontre un désir de sa propre autodestruction -- mais qu'il ne pouvait affronter de face, c'est à dire seul; qu'il ne pouvait s'autodétruire qu'en présence d'une autre; d'où les rencontres des limites, toujours. Alors imaginer qu'elle s'est sacrifiée à sa place; mais cela n'est pas la solution; ça serait la solution d'une certaine beauté qu'elle n'aurait pas; les morts sont ce qu'ils sont, les rendre plus beaux qu'ils n'ont été, c'est les dénaturés, c'est les soustraire de ce qu'ils avaient-été. Non le sacrifice; peut-être la farce du grand Idiot; peut-être comme un goût amer de ne pas avoir eu le courage d'y avoir été tout seul -- dans cette autodestruction. Et puis le plaisir de ne pas y avoir été. Et enfin n'être que le croisement du présent et du passé, sans amertume, ni bonheur outrecuidant. Un brin de sagesse sans prétention. Juste fermer sa gueule. Et peindre comme les peintres des idoles au Moyen-Age. Peindre des idoles.
2. Je l'ai vue.
3. Quelque chose en 7 mots.
4. Comme un instant de grâce, quand le point de rupture est inévitable, quand tout est joué et l'on suit les règles comme l'on se lasse de jouer, c'est à dire avec désinvolture, sans intérêt. Tricher parce qu'il y a plus de plaisir à gagner en s'inventant ses propres règles qu'en suivant les règles prédéfinies.
5. Quelque chose en 3 mots. La perte. "Elle est morte. Je suis là". Le portrait de la morte -- et non de la mort en elle-même; juste le corps, et non la souffrance ni la douleur; juste le corps et rien d'autre, comme le dernier repli de l'avoir-été-vivant. L'essoufflement du coeur. Continuer ou s'absoudre. Faire des choix? Faire le point. N'être qu'un poseur ou un lâche, juste avoir échappé à cela, et même sans succès, rester là. Le héros découvre qu'il y avait en cette rencontre un désir de sa propre autodestruction -- mais qu'il ne pouvait affronter de face, c'est à dire seul; qu'il ne pouvait s'autodétruire qu'en présence d'une autre; d'où les rencontres des limites, toujours. Alors imaginer qu'elle s'est sacrifiée à sa place; mais cela n'est pas la solution; ça serait la solution d'une certaine beauté qu'elle n'aurait pas; les morts sont ce qu'ils sont, les rendre plus beaux qu'ils n'ont été, c'est les dénaturés, c'est les soustraire de ce qu'ils avaient-été. Non le sacrifice; peut-être la farce du grand Idiot; peut-être comme un goût amer de ne pas avoir eu le courage d'y avoir été tout seul -- dans cette autodestruction. Et puis le plaisir de ne pas y avoir été. Et enfin n'être que le croisement du présent et du passé, sans amertume, ni bonheur outrecuidant. Un brin de sagesse sans prétention. Juste fermer sa gueule. Et peindre comme les peintres des idoles au Moyen-Age. Peindre des idoles.
17 janv. 2005
1. Rien. L'ai encore vue (une autre, mais la même -- comme si celle-ci me poursuivait -- se formait au cours du temps, prenait corps, strate après strate; non pas une précisèment, mais celle-ci, l'étrange, la percussive, la liquoreuse, la fulgurante, la fugace).
2. Etre dans le bus, à la même heure que la semaine dernière, et traverser les ponts qui enjambent les voies rapides, survoler ces trajectoires parrallèles de lumières pointilleuses -- regarder les phares des voitures se confondre peu à peu au jour, gris bleu d'un brouillard griffé de rose, de magenta sale.
3. Avoir le corps plein et s'en échapper par instant; être au point de rupture avant le contact; deviner qu'en deça, il y a maintenant un corps en sommeil. Redevenir corps & muqueuses, veinules & peau, toucher & empreintes, points digitaux.
4. A la mesure de nos rencontres, il y a ce rôle que l'on entretient tout deux -- celle-ci & moi --, celui de ne pas être de la partie -- comme si par ce manquement à la société, il y aurait ici un point de contact possible, possible si celui-ci n'était pas le contact de deux absents de la partie; l'esprit de connivence et l'idée de la conspiration en chambre à coucher. Les absents se rencontrent par hasard.
5. Il s'arrache de la terre, portant sur lui cette carapace de boue sèche qui s'est formée sur son dos, et lourd il avance las pesamment, le regard alerte retourné sur le point jaune qui s'approche de lui.
2. Etre dans le bus, à la même heure que la semaine dernière, et traverser les ponts qui enjambent les voies rapides, survoler ces trajectoires parrallèles de lumières pointilleuses -- regarder les phares des voitures se confondre peu à peu au jour, gris bleu d'un brouillard griffé de rose, de magenta sale.
3. Avoir le corps plein et s'en échapper par instant; être au point de rupture avant le contact; deviner qu'en deça, il y a maintenant un corps en sommeil. Redevenir corps & muqueuses, veinules & peau, toucher & empreintes, points digitaux.
4. A la mesure de nos rencontres, il y a ce rôle que l'on entretient tout deux -- celle-ci & moi --, celui de ne pas être de la partie -- comme si par ce manquement à la société, il y aurait ici un point de contact possible, possible si celui-ci n'était pas le contact de deux absents de la partie; l'esprit de connivence et l'idée de la conspiration en chambre à coucher. Les absents se rencontrent par hasard.
5. Il s'arrache de la terre, portant sur lui cette carapace de boue sèche qui s'est formée sur son dos, et lourd il avance las pesamment, le regard alerte retourné sur le point jaune qui s'approche de lui.
12 janv. 2005
-
1. Ecouter en boucle Work de Lou Reed/John Cale.
2. Quelques lignes en vrac; chercher des potentiels comme une suite d'accords sur laquelle il serait possible d'improviser aisément.
3. Etre dans une dynamique; être en mouvement; dans un transport -- et un jour, la surprise de se lire écrire "transport", dans le sens désuet du langage amoureux; quand l'art conceptuel sera fini, alors nous reviendrons au transport; mais celui-ci est déjà fini; ils sont déjà là, les fossoyeurs, et la faillite va être sévère Ouaip, idem -- et en plus (j’y reviens, c’est mon dada sternien), un peu plein les bottes de cet "art" qui repose sur un gif/flash empaqueté dans un paquet-cadeau de concept, lequel lui confère l’idéal pour prendre des galons dans les musées et les salons où se ruent les chroniqueurs d’art mondains -- ... et leurs mépris vis à vis du jeu vidéo, lequel serait selon eux "puéril", "débile", au scénario zéroballe. Pour faire une comparaison grossière, l’arrivée du train en gare de la Ciotat ou la sortie des usines Lumière sont loin d’être des films scénaristiquement énormes (un plan fixe, pittoresque). Et je trouve plutôt intéressant de mettre les deux phénomènes en parallèle : parce que même si le jeu vidéo peut paraître déjà évolué, il est loin de ce qu’il va devenir. Et ça fait 20 ans que l’on s’écrie "oh ! on dirait que c’est vrai !" -- et à chaque nouveau jeu, cette phrase devient de plus en plus intense, presque effrayante. Et puis il y a les jeux hors norme comme Rez qui collent la raclée à tous les gifs animateurs post-moderno-neto-contemporains, qui sont bien plus dans le concept de la survie artistique que dans l’idée de création. Tout ça manque réellement de fun -- et les e-artistes concept de faire des longs discours sur cette "chose" qui n’a pas de nom, sans réaliser qu’ils parlent comme à un enterrement
— ici, au pied de la tombe de l’art conceptuel du XXème, analysant cette "chose" comme d’autres l’on fait à propos de la pissotière, cherchant à la canaliser, la rabougrir dans des formats prédéfinis par l’art conceptuel du XXème
— ici, hagards et bavards comme des affamés découvrant des nouvelles parcelles où ils pourraient exceller, mettant des mots sur une chose qui ne fait que naître, et n’a pas besoin d’eux pour qu’elle grandisse.
Je me demandais l’autre soir, comment les hommes des cavernes nommaient les traits faits par Zwywz, et qui ressemblaient vaguement au gros mammouth qui a emporté sa femme et son fils.
Alors qu’est-ce qu’on a : des universitaires qui se tripotent le joystick sur des gifs animés, des gif-animateurs qui se plongent dans "e-art" comme d’autres se sont plongés dans la céramique, et on a des boîtes de jeux vidéos qui font des trucs débiles, et on a des boîtes de jeux vidéos qui font des trucs énormes, des jeux qui restent malgré tout chroniqués dans Joypad mag. Alors oui, c’est peut-être là que s’ouvre le champ d’une certaine liberté, loin des pseudo-visionnaires en flash-codeur avec l’assistant à partir du sample’z, là dans les friches de l’Art, des idiots qui s’amusent à faire des choses qui les étonnent, sans avoir en bouche le mot "concept". M’est avis, le XXIème, ça va être la raclée à l’art concept ----
4. Comme une étrange assurance -- étrange parce qu'elle est la photographie qui émerge du négatif; au milieu d'un environnement qui se délite -- la tentative de suicide de Y., le silence annonçant les très mauvaises nouvelles de A. (& quoi qu'il arrivera, cela sera toujours des mauvaises nouvelles), le néant des réponses des éditeurs -- alors juste rester là, et être vivant.
2. Quelques lignes en vrac; chercher des potentiels comme une suite d'accords sur laquelle il serait possible d'improviser aisément.
3. Etre dans une dynamique; être en mouvement; dans un transport -- et un jour, la surprise de se lire écrire "transport", dans le sens désuet du langage amoureux; quand l'art conceptuel sera fini, alors nous reviendrons au transport; mais celui-ci est déjà fini; ils sont déjà là, les fossoyeurs, et la faillite va être sévère Ouaip, idem -- et en plus (j’y reviens, c’est mon dada sternien), un peu plein les bottes de cet "art" qui repose sur un gif/flash empaqueté dans un paquet-cadeau de concept, lequel lui confère l’idéal pour prendre des galons dans les musées et les salons où se ruent les chroniqueurs d’art mondains -- ... et leurs mépris vis à vis du jeu vidéo, lequel serait selon eux "puéril", "débile", au scénario zéroballe. Pour faire une comparaison grossière, l’arrivée du train en gare de la Ciotat ou la sortie des usines Lumière sont loin d’être des films scénaristiquement énormes (un plan fixe, pittoresque). Et je trouve plutôt intéressant de mettre les deux phénomènes en parallèle : parce que même si le jeu vidéo peut paraître déjà évolué, il est loin de ce qu’il va devenir. Et ça fait 20 ans que l’on s’écrie "oh ! on dirait que c’est vrai !" -- et à chaque nouveau jeu, cette phrase devient de plus en plus intense, presque effrayante. Et puis il y a les jeux hors norme comme Rez qui collent la raclée à tous les gifs animateurs post-moderno-neto-contemporains, qui sont bien plus dans le concept de la survie artistique que dans l’idée de création. Tout ça manque réellement de fun -- et les e-artistes concept de faire des longs discours sur cette "chose" qui n’a pas de nom, sans réaliser qu’ils parlent comme à un enterrement
— ici, au pied de la tombe de l’art conceptuel du XXème, analysant cette "chose" comme d’autres l’on fait à propos de la pissotière, cherchant à la canaliser, la rabougrir dans des formats prédéfinis par l’art conceptuel du XXème
— ici, hagards et bavards comme des affamés découvrant des nouvelles parcelles où ils pourraient exceller, mettant des mots sur une chose qui ne fait que naître, et n’a pas besoin d’eux pour qu’elle grandisse.
Je me demandais l’autre soir, comment les hommes des cavernes nommaient les traits faits par Zwywz, et qui ressemblaient vaguement au gros mammouth qui a emporté sa femme et son fils.
Alors qu’est-ce qu’on a : des universitaires qui se tripotent le joystick sur des gifs animés, des gif-animateurs qui se plongent dans "e-art" comme d’autres se sont plongés dans la céramique, et on a des boîtes de jeux vidéos qui font des trucs débiles, et on a des boîtes de jeux vidéos qui font des trucs énormes, des jeux qui restent malgré tout chroniqués dans Joypad mag. Alors oui, c’est peut-être là que s’ouvre le champ d’une certaine liberté, loin des pseudo-visionnaires en flash-codeur avec l’assistant à partir du sample’z, là dans les friches de l’Art, des idiots qui s’amusent à faire des choses qui les étonnent, sans avoir en bouche le mot "concept". M’est avis, le XXIème, ça va être la raclée à l’art concept ----
4. Comme une étrange assurance -- étrange parce qu'elle est la photographie qui émerge du négatif; au milieu d'un environnement qui se délite -- la tentative de suicide de Y., le silence annonçant les très mauvaises nouvelles de A. (& quoi qu'il arrivera, cela sera toujours des mauvaises nouvelles), le néant des réponses des éditeurs -- alors juste rester là, et être vivant.
10 janv. 2005
1. Visite médicale du travail; rien.
2. Ravel, introduction & allegro pour harpe, flûte, clarinette & quatuor à cordes -- dans le bus, à travers les champs où s'érigent les tours de l'Aérospatiale -- où le soleil vient réfléchir -- au milieu des hangars, du béton craquelant; comme être sur un vaisseau, au milieu d'une mer d'eau chaude, la rêverie pour aventure, juvénile moussaillon, corvée de patate -- Achab! Achab! s'écria la vigie, elle est là -- le doigt pointé sur le point fixé du bout des yeux, elle est là! -- et les pommes de terre churent des mains du jeune moussaillon, courant dans le tremblement du bois piétinés par des dizaines d'hommes véloces -- certains étaient des anciens tueurs, des égorgeurs de vieilles dames, des bandits de campagne, des faux Robin des bois, des vrais tatoués balafrés jusqu'aux sourcils -- et tous couraient, poussaient le jeune moussaillon contre la coque en bois craquante sous la course de cette centaine de brutes épaisses, montés voir le point fixé par le bout des yeux de la vigie, l'horizon au loin, les yeux brouillés par le vent salé, les cheveux en frange. Ligne 64, Arènes-Colomiers.
3. Le type réveillé dans le bus, au terminus; la tête furieuse hirsute brouillée.
4. Ne pas garder l'idée d'écrire du premier mot au dernier mot, comme sur une ligne droite. Abandonner toute idée de facilité -- inventer ses recettes au fourneau même, et non pas les préparer à l'avance, bien assis à la table du salon, un calepin dans une main et les ingrédients dans l'autre.
2. Ravel, introduction & allegro pour harpe, flûte, clarinette & quatuor à cordes -- dans le bus, à travers les champs où s'érigent les tours de l'Aérospatiale -- où le soleil vient réfléchir -- au milieu des hangars, du béton craquelant; comme être sur un vaisseau, au milieu d'une mer d'eau chaude, la rêverie pour aventure, juvénile moussaillon, corvée de patate -- Achab! Achab! s'écria la vigie, elle est là -- le doigt pointé sur le point fixé du bout des yeux, elle est là! -- et les pommes de terre churent des mains du jeune moussaillon, courant dans le tremblement du bois piétinés par des dizaines d'hommes véloces -- certains étaient des anciens tueurs, des égorgeurs de vieilles dames, des bandits de campagne, des faux Robin des bois, des vrais tatoués balafrés jusqu'aux sourcils -- et tous couraient, poussaient le jeune moussaillon contre la coque en bois craquante sous la course de cette centaine de brutes épaisses, montés voir le point fixé par le bout des yeux de la vigie, l'horizon au loin, les yeux brouillés par le vent salé, les cheveux en frange. Ligne 64, Arènes-Colomiers.
3. Le type réveillé dans le bus, au terminus; la tête furieuse hirsute brouillée.
4. Ne pas garder l'idée d'écrire du premier mot au dernier mot, comme sur une ligne droite. Abandonner toute idée de facilité -- inventer ses recettes au fourneau même, et non pas les préparer à l'avance, bien assis à la table du salon, un calepin dans une main et les ingrédients dans l'autre.
7 janv. 2005
je t'ai vue (1)
1. (1). Et dans l’air, il y avait le parfum de fleurs froissées et du métal encore chaud, (alors je t’ai vue) à la lumière ocre susurrée par le crépuscule des derniers jours d’un hiver, au-dessus des gravats et dans la poussière soulevée par nos pas, par delà les champs d’honneur de nos barricades, quand sur nos visages il n’y avait plus que la fatigue de la fureur, la lassitude, le sommeil coulant le long de nos paupières (alors je t’ai vue) aux confins du silence de nos discussions, et nos poings qui ne se desserraient plus, et nos bras droits comme des branches de béton, alors nous marchâmes lentement jusqu’à ne plus avancer (alors je te vis sourire et le monde que tu portais en toi s’écroula ce jour-là, petite idiote mille fois haïe, mille fois raillée et oubliée aussitôt les mots lancés), alors je te vis sourire, là droite et sans mouvement (et le ciel était noir et bleu, rouge et violet), petite idiote comme je t’avais toujours connue, petite conne sans amour, découvrant là par le miracle du silence tout ce que tu avais toujours tu, et puis la tristesse, alors.
2. "Une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit & de fureur, qui ne veut rien dire" (Macbeth). Le crétin n'est pas un idiot, et s'il est capable de fureur et de rage, il n'agit pas par volonté de puissance, mais par volonté de pouvoir. L'idiot est excessif, le crétin est mesuré; c'est en cela qu'il est couard et qu'il éprouve rarement de la culpabilité. Parfois le crétin devient un idiot; mais il est toujours rattrapé par sa crétinerie, par ce, du moins c'est ainsi qu'il l'estime, qui fait de lui un être supérieur, du moins un être à part. Un crétin peut être un connard, mais un connard n'est pas forcément un crétin.
3. C'est l'histoire d'un crétin, pleine de bruit & de fureur, qui voudrait dire quelque chose. Un crétin devient un idiot, le temps d'une journée. Durant la matinée, il rencontre d'autres crétins; ils mourront comme ils sont, crétinement, sous la volonté de pouvoir d'un crétin. Devenu idiot -- sombrement humain, réalisant la fureur et sous l'emprise du bruit qu'il a répandu autour de lui et dans sa vie --, il divague, seul sur un bout de terre, coupé du monde, entre volonté de puissance et impuissance face à ce monde qu'il a bousculé. Il aurait pu s'en tenir là, si le crétin qui sommeillait en lui ne s'était réveillé, avait repris du poil de la bête. L'histoire idiote d'un crétin.
2. "Une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit & de fureur, qui ne veut rien dire" (Macbeth). Le crétin n'est pas un idiot, et s'il est capable de fureur et de rage, il n'agit pas par volonté de puissance, mais par volonté de pouvoir. L'idiot est excessif, le crétin est mesuré; c'est en cela qu'il est couard et qu'il éprouve rarement de la culpabilité. Parfois le crétin devient un idiot; mais il est toujours rattrapé par sa crétinerie, par ce, du moins c'est ainsi qu'il l'estime, qui fait de lui un être supérieur, du moins un être à part. Un crétin peut être un connard, mais un connard n'est pas forcément un crétin.
3. C'est l'histoire d'un crétin, pleine de bruit & de fureur, qui voudrait dire quelque chose. Un crétin devient un idiot, le temps d'une journée. Durant la matinée, il rencontre d'autres crétins; ils mourront comme ils sont, crétinement, sous la volonté de pouvoir d'un crétin. Devenu idiot -- sombrement humain, réalisant la fureur et sous l'emprise du bruit qu'il a répandu autour de lui et dans sa vie --, il divague, seul sur un bout de terre, coupé du monde, entre volonté de puissance et impuissance face à ce monde qu'il a bousculé. Il aurait pu s'en tenir là, si le crétin qui sommeillait en lui ne s'était réveillé, avait repris du poil de la bête. L'histoire idiote d'un crétin.
27 déc. 2004
le retard & les fêtes
Soirée du 21/I see you (the-byrds)/ Peu importe si le lendemain il fallut dormir dans les toilettes du bureau pour y trouver un peu d'intimité, et faire l'aller-retour à midi pour une sieste d'à peine une poignée de minutes, et repeindre la salle de bain avant de dormir et "lorsqu'elle entra, il se demanda s'il n'avait pas jusque-là gardé ses yeux baissés, durant toutes ses soirées qu'il avait passé avec elle, à boire tout deux et ivres jusqu'à oublier les pas de danse qu'imposait la musique -- alors juste bouger son corps comme on agite ses jambes pour retirer un pantalon trop étroit, bouger son corps pour s'en défaire --, le regard fuyant, ne la voyant pas jusque-là -- n'y voyant à dire vrai que celle qu'elle voulait laisser voir, juste une surface exhubérante ironique & cassante, mal fagotée drôle et idiote -- le genre de fille stupide qui peut pisser dans un broc et en jeter le contenu du troisième étage sur les passants, et se cacher et rire comme une idiote. Peut-être était-ce la fatigue qui lui fit tomber sa garde -- relevant alors les yeux sur l'inattendue --, et il vit une grosse masse de vérité, et alors tout entra en cohésion -- la pisse, le broc, les mauvaises blagues et les saloperies vachardes de la première rencontre -- et les excuses qu'il y eut lors de la seconde --, les actes et l'ivresse, la résolution et le dépit, la pertinence et la cruauté qu'assène la solitude, le malaise et la placidité du sourire, le front large --; un gros morceau de vérité (et là figé dans sa fatigue, attendant la fermeture une cigarette à la main, il se dit lorsqu'elle entra, dressée droite & emmitouflée d'une longue veste bleue, le sourire fané et timide, au-delà de la représentation de l'idiote ("-- sale garnement, sale idiote stupide qui crache sur les passants"): "elle est belle" -- pour que n'importe quel soudard tombe en extase à ses pieds" -- comme jamais il ne l'avait vue, là les yeux enfin droits face à elle et voyant la vérité, la fêlure du vernis, cet instant quand les morceaux éparpillés ici & là incohérents se rassemblent pour ne former plus qu'un bloc, alors. Alors, un jour, il faudra comprendre pourquoi il n'y a que les dingues qui l'intéressent.
23 déc. 2004
1. Suppression du bookmarks de BellaCiao, dont pensé qu'il était plus modéré que Indymedia-Paris. Ce qui est loin d'être vrai, puisque me suis fait censurer en réponse au message qui s'enervait contre le Time, lequel a déclaré George Bush, homme de l'année 2004; défendant ainsi le Time, lorsqu'il a déclaré que l'homme du XXème siècle était Hitler -- et il faut être un sacré neuneu-romantico dépourvu de tout sens de la réalité et de l'histoire pour affimer le contraire; merci à Bellaciao. A moins que les gauchistes eussent préféré que le Time ait déclaré comme Homme du XXème siècle Joseph Staline.
19 déc. 2004
1. Ai pris le pack 3 jours pour le réveillon dans l'Aubrac. Réveillon le 30 décembre. Le 1er de l'an, sera le 31. Une année décalée.
2. Rien. Rester au lit; tirer des copies du manuscrit; aller boire un café; écouter Harpo en boucle; Dolphy, Public Enemy, Mesrine danser, lire un peu; faire un peu des petites choses La journée du type qui a refusé l'invitation d'un repas japonais fait maison. Petit texte sur Harpo & Movie star, petit plaisir d'écrire des choses sans intérêt. "Faire des choses inutiles avec tout le sérieux nécessaire".
2. Rien. Rester au lit; tirer des copies du manuscrit; aller boire un café; écouter Harpo en boucle; Dolphy, Public Enemy, Mesrine danser, lire un peu; faire un peu des petites choses La journée du type qui a refusé l'invitation d'un repas japonais fait maison. Petit texte sur Harpo & Movie star, petit plaisir d'écrire des choses sans intérêt. "Faire des choses inutiles avec tout le sérieux nécessaire".
18 déc. 2004
Sister Iodine - Harpo
1. Sister Iodine; un peu déçu par leur concert donné hier soir -- ou avant hier soir, les jours se succèdent avec au milieu quelques heures de sommeil --; c'était un peu n'importe quoi, comparé au concert vu dix ans plus tôt -- carré, tendu; ceci dit, je comprends les midinettes qui deviennent folles lorsqu'elles voient Bridney Spears danser et chanter, même si elles savent qu'elle chante en playback; je suis fan du jeu de scène du guitariste blond, de ses hurlements, et rien que pour ça, je les suivrais jusqu'en asile -- et si je devais participer à un air guitar contest, c'est lui que j'imiterais. Et puis, ils ont des super belles guitares électriques, et ça fait du bien de se faire ramoner les oreilles avec du bon son médium poussé à 11. Ca fait du bien de voir des stars.
2. Harpo, Movie star.
2. Harpo, Movie star.
13 déc. 2004
jouer carte sur table
1. Dans les miroirs des cafés, ai revu la fille. Il est maintenant difficile de jouer carte sur table -- "non, ce n'était pas moi, mais j'aurais pu le faire -- non, ce n'était pas moi, mais j'ai trouvé ça plutôt drôle, plutôt culotté, surtout que je t'ai reconnue dans ce portrait -- non, je n'étais pas là ce mois-ci, non, cela ne peut pas être moi (le mensonge des couards, des héros des ivresses éthyliques)". Dans un autre lieu et dans un autre temps, les choses se seraient passées autrement. Un jour peut-être. Mais que cela soit dans la rue ou dans le reflet des grands miroirs des cafés, on sait quand on est vu et quand on ne l'est pas. Un jour, je me souviendrai qu'à une époque, j'ai rasé les murs. Je suis l'intrigant petit bonhomme aux lunettes rondes.
2. Dos Passos. Bon, il faut jouer carte sur table: Proust, auteur du XIXème, définitivement, au grand regret des critiques et des philosophes des bar-pmu. Joyce, du XXème. Machin, il crèche dans l'appartement, il écrit, couché, des histoires de gens vivant dans la naphtaline d'un temps perdu. L'autre, il commence au petit matin par un grand bol d'air frais, et il raconte une journée en 1200 pages; pour lui, le temps n'est pas perdu, il est là, au présent. L'un navigue entre Venise et la piole d'un hôtel bourgeois, l'autre bourlingue entre Dublin, Paris, Zurich, Rome, Trieste, picole comme un trou, fume des clopes dans la voiture de l'asthmatique et se fait férocement renvoyé par celui-ci du carré VIP. Joyce, ce jour-là, en fumant sous le nez de Proust, lui a bien fait comprendre que son carton VIP, il pouvait le rouler et se le mettre où il le voulait, parce que c'est lui qui lui mettait la mite au grand concours de composition littéraire. Bon, Joyce, c'est Max/MSP avant l'heure, ça détruit tout ce qui s'est fait jusqu'alors, et fait le vide autour d'elle (la littérature). Bon, le XXIème (?!). Ah oui, le XXème, c'est le début des dilletantes, les écrivains des bureaux, les commis voyageurs: Kafka, Pessoa, et tout le reste. Bon, le XXIème (?!). Quand on voit que la musique contemporaine du XXème siècle est en passe de devenir un vieux truc tout poussièreux, on est dans le devoir de se demander ce qui pourra se passer (un néo-classicisme, façon Gorecki, Part, etc. ?! (merde!) -- malgré un intérêt tout récent éveillé pour la musique dite "contemporaines" par le public d'une certaine musique électronique expérimentale (comme une recherche bien plus archéologique, une recherche de digestion -- à notre grande époque où tout est disponible, où tout est mangeable, avalable, où tout se vaut, il serait bon de se poser la question de la digestion -- voire de la défécation). Ca sera fait de quoi le XXIème, du néo-classicisme (merde!) ?! De la digestion ?! Du "on recolle les morceaux, ils ont tout cassé, et ils nous ont montré que c'était vraiment jouissif de tout casser, mais bon, même si c'est moins cool que de tout péter, on va quand même essayer de construire quelque chose dont on puisse être un peu fier" -- mais ça va être difficile de battre un mec qui a osé intoxiquer par une clope le grand Marcel.
3. Marcel Proust, c'est nul.
4. It's the end of the world as we know it, and i feel fine. Ouais, je ne crois pas que cela se fera en se prenant la tête -- genre "avancer les concepts pour un nouvel art" à la façon des é-crivains/e-critures.org, ce genre de concepts qui servent bien plus de béquilles face à une chose que l'on ne comprend pas que de ponts reliant à l'avenir -- une manière pour ne pas se dire "j'ai la frousse, alors rationalisons, avec des concepts, on va pouvoir construire un truc parfait -- mais mes chers é-crivains, c'est avec des concepts du XXème que vous cherchez à analyser un art qui sera probablement celui du XXIème -- mais laisser lui au moins le temps de faire des âneries, de ne pas se prendre au sérieux -- ah GTA3, ah Manhunt! --, laisser lui le temps de la jeunesse, arrêter de faire des discours que l'on réserve pour les enterrements.
5. Les points de rupture.
2. Dos Passos. Bon, il faut jouer carte sur table: Proust, auteur du XIXème, définitivement, au grand regret des critiques et des philosophes des bar-pmu. Joyce, du XXème. Machin, il crèche dans l'appartement, il écrit, couché, des histoires de gens vivant dans la naphtaline d'un temps perdu. L'autre, il commence au petit matin par un grand bol d'air frais, et il raconte une journée en 1200 pages; pour lui, le temps n'est pas perdu, il est là, au présent. L'un navigue entre Venise et la piole d'un hôtel bourgeois, l'autre bourlingue entre Dublin, Paris, Zurich, Rome, Trieste, picole comme un trou, fume des clopes dans la voiture de l'asthmatique et se fait férocement renvoyé par celui-ci du carré VIP. Joyce, ce jour-là, en fumant sous le nez de Proust, lui a bien fait comprendre que son carton VIP, il pouvait le rouler et se le mettre où il le voulait, parce que c'est lui qui lui mettait la mite au grand concours de composition littéraire. Bon, Joyce, c'est Max/MSP avant l'heure, ça détruit tout ce qui s'est fait jusqu'alors, et fait le vide autour d'elle (la littérature). Bon, le XXIème (?!). Ah oui, le XXème, c'est le début des dilletantes, les écrivains des bureaux, les commis voyageurs: Kafka, Pessoa, et tout le reste. Bon, le XXIème (?!). Quand on voit que la musique contemporaine du XXème siècle est en passe de devenir un vieux truc tout poussièreux, on est dans le devoir de se demander ce qui pourra se passer (un néo-classicisme, façon Gorecki, Part, etc. ?! (merde!) -- malgré un intérêt tout récent éveillé pour la musique dite "contemporaines" par le public d'une certaine musique électronique expérimentale (comme une recherche bien plus archéologique, une recherche de digestion -- à notre grande époque où tout est disponible, où tout est mangeable, avalable, où tout se vaut, il serait bon de se poser la question de la digestion -- voire de la défécation). Ca sera fait de quoi le XXIème, du néo-classicisme (merde!) ?! De la digestion ?! Du "on recolle les morceaux, ils ont tout cassé, et ils nous ont montré que c'était vraiment jouissif de tout casser, mais bon, même si c'est moins cool que de tout péter, on va quand même essayer de construire quelque chose dont on puisse être un peu fier" -- mais ça va être difficile de battre un mec qui a osé intoxiquer par une clope le grand Marcel.
3. Marcel Proust, c'est nul.
4. It's the end of the world as we know it, and i feel fine. Ouais, je ne crois pas que cela se fera en se prenant la tête -- genre "avancer les concepts pour un nouvel art" à la façon des é-crivains/e-critures.org, ce genre de concepts qui servent bien plus de béquilles face à une chose que l'on ne comprend pas que de ponts reliant à l'avenir -- une manière pour ne pas se dire "j'ai la frousse, alors rationalisons, avec des concepts, on va pouvoir construire un truc parfait -- mais mes chers é-crivains, c'est avec des concepts du XXème que vous cherchez à analyser un art qui sera probablement celui du XXIème -- mais laisser lui au moins le temps de faire des âneries, de ne pas se prendre au sérieux -- ah GTA3, ah Manhunt! --, laisser lui le temps de la jeunesse, arrêter de faire des discours que l'on réserve pour les enterrements.
5. Les points de rupture.
12 déc. 2004
Crimes et délits
1. Ai vu Crimes & délits de Allen "Si ça plie, c'est drôle, si ça brise (casse), ce n'est pas drôle". A revoir. Songe m'en faire un autre ce soir -- et ouais, 2004, c'était ptet la fin qui rejoint le début. Comme si quelque chose ne nourrissait plus, et que cette chose l'avait fait jusqu'ici, plus ou moins bien. Voir ailleurs si j'y suis -- quand je devient un autre.
2. A y réfléchir, le premier décrivait ces passages à l'acte qui ne peuvent être que dans un état second -- alcool, frustration, etc. comme si ceux-ci étaient nécessaires pour que les passages à l'acte soient vécus le moins violemment possible (et du regard extérieur, l'alcool, la frustration, le-bout-du-rouleau portent la violence bien plus qu'elles n'aident en réalité les héros à la supporter;
-- et le numéro zéro était clairement le récit du non-passage à l'acte;
-- et le second est également une histoire de passage à l'acte qui se passe dans la violence -- comme si celle-ci était bien moins une nécessité qu'un état de fait; en s'approchant de leur liberté d'agir, les héros au fur et à mesure des récits devaient se soumettre à la violence même de la liberté d'agir -- c'est un peu en cela qu'il y a, ici, un certain mépris qui ne trouve en réalité sa source que dans la méfiance, vis-à-vis de ces personnes qui sont capables de tout dire et de tout faire, parce qu'ils semblent, au mieux dénués de tout intérêt, au pire, scrupuleusement avides, cette espèce de gloutonnerie existentielle sans estomac.
3. EXCIPIENT, subst. masc.
A.
PHARM. Substance neutre à laquelle on incorpore le principe actif d'un médicament pour lui servir de support ou de véhicule. Médicaments à excipient aqueux. On conseille de la déguiser (...) dans divers excipients : confiture, miel (Vincent ds Nouv. Traité Méd., fasc. 5, 1, 1924, p. 196)
4. Les points de rupture.
2. A y réfléchir, le premier décrivait ces passages à l'acte qui ne peuvent être que dans un état second -- alcool, frustration, etc. comme si ceux-ci étaient nécessaires pour que les passages à l'acte soient vécus le moins violemment possible (et du regard extérieur, l'alcool, la frustration, le-bout-du-rouleau portent la violence bien plus qu'elles n'aident en réalité les héros à la supporter;
-- et le numéro zéro était clairement le récit du non-passage à l'acte;
-- et le second est également une histoire de passage à l'acte qui se passe dans la violence -- comme si celle-ci était bien moins une nécessité qu'un état de fait; en s'approchant de leur liberté d'agir, les héros au fur et à mesure des récits devaient se soumettre à la violence même de la liberté d'agir -- c'est un peu en cela qu'il y a, ici, un certain mépris qui ne trouve en réalité sa source que dans la méfiance, vis-à-vis de ces personnes qui sont capables de tout dire et de tout faire, parce qu'ils semblent, au mieux dénués de tout intérêt, au pire, scrupuleusement avides, cette espèce de gloutonnerie existentielle sans estomac.
3. EXCIPIENT, subst. masc.
A.
4. Les points de rupture.
11 déc. 2004
i trawl the megahertz
-- What's wrong ?Aurais dû sortir -- mais juste envie de rester là, même pas au chaud, juste être là sans avoir d'autres efforts à faire que d'essayer de se concentrer sur autre chose que tout cela -- ceci après la dispersion de la veille -- ivre de midi jusqu'au coucher à 2h. (les repas de Noël en entreprise, comme si j'y étais sans y être réellemment -- n'être qu'un passager clandestin dans cette entreprise. Ni parler, ni agir sur quoique ce soit, ne plus être là. Ni dégoût, ni espoir, un peu de temps comme du sable qui serait coincé dans cet infime espace qui sépare les deux réserves d'un sablier. Attendre juste cet instant qui se transformera en extase. Et oublier qu'on l'a attendu.
-- I'm fourty-nine.
Peut-être aller dans un bar, y boire un café et fumer des cigarettes, avoir l'esprit suffisamment ailleurs pour ne pas avoir à lire et oublier tout cela.
Aller dans un bar, et voir si j'y suis -- et devenir un autre.
Why's everybody actin funny?
Why's everybody look so strange?
Why's everybody look so nasty?
What do I want with all these things?
I went alone down to the drugstore
I went in back and took a Coke
I stood in line and ate my Twinkies
I stood in line, I had to wait
7 déc. 2004
Le travail (1): YMCA
1. Sur le retour de cette première journée de travail, j'ai cru que je perdais la tête; non pas la folie verbeuse d'un Seul contre tous -- ce délire macabre qui explose la langue et ne fait de celle-ci qu'un flot sans cohérence, un flot de mots comme peut l'être la musique de Von Schirach -- une langue breakée (ie. le surréalisme, l'écriture automatique, etc.; ça serait d'ailleurs un bon angle d'attaque pour qui veut analyser ce genre de musique: le prendre par le bout du dadaïsme (avec la rage et la colère dont ils en sont la source; ie. Otto Muhl et le mouvement actionniste autrichien, ultra-violent; ie. l'ultime rage, dire et faire n'importe quoi --, non pas la folie à l'état de démence, mais celle qui conduit à l'ataraxie la plus totale: devenir aussi amorphe qu'un fruit pourri dont le jus en serait trop acide pour être goûteux, suffisamment fielleux pour rendre impropre à la consommation la gogue qu'il habite; le ressentiment.
2. YMCA. Repas au restaurant d'entreprise à côté, qui porte le logo Y rouge et stylisé de la chanson disco -- et dont mes nouveaux collègues de bureau temporaire m'ont dit: "tu peux aller manger au I M KA" -- comme si ils n'avaient jamais entendu la chanson pour s'amuser un tant soit peu du nom du lieu; c'est le genre de détail qui marque une personne, bien plus que sa nuque longue ou sa barbiche.
Je me rends dans le hangar dont ils m'avaient indiqué le chemin et demande au garçon qui tient la caféteria qui se situe à l'entrée, où se trouve le restaurant. Il m'indique dans une langue approximative le chemin; je le fais répéter plusieurs fois tant je ne comprends rien à ce qu'il me dit. Dans la salle, des hommes en bleu de travail sont affalés à des tables en plastique, enfermés dans des petits compartiments séparés par des décorations hors du temps, c'est à dire très années 80, c'est à dire moches et fanés, c'est à dire éclairés par des néons sales. Les ouvriers avaient des visages ravinés, les yeux hagards, il y avait quelque chose d'étrange chez ces hommes qui donnait à l'endroit une ambiance très révolution-industrielle-Zola. Le mur d'en face était décoré d'une fresque pastelle sale où se mêlaient un soleil sale et un jardin vert sale, où jouent des enfants sales qui sourient sur un fond gris et terne. Je traverse le couloir que le garçon m'avait indiqué. Des fenêtres longent le mur et donnent sur des espèces de bureau -- du moins c'est l'impression que j'avais en m'y rendant; en réalité, il s'agissait d'un atelier de couture et de tri de vêtements où travaillent, enfermés derrière des vitres en plexiglass, à la vue de toutes les personnes qui se rendent manger, des idiots, des retardés mentaux, les yeux rouges rivés sur des bacs remplis de bouts de chiffon.
Avec mon plateau-repas, je me rends à une table, et avale la pièce de viande et une platrée de nouilles -- pour seulement 3.85 euro. Le réfectoire est un hangar éclairé par des rangées de néon -- c'est un peu comme manger dans un garage auto, la crasse en moins et une propreté terne et grise qui fait regretter le camboui et le bruit de la ferraille. Je regarde une fille passer, que je trouve plutôt mignonne; je finis mon plat et vais à la caféteria prendre un café. Je m'installe au comptoir, et me retourne vers la salle; à une table, il y a la fille assise avec deux autres types qui discutent, et elle reste là, amorphe, le regard creux -- peut-être les écoute-t-elle, peut-être pense-t-elle à autre chose; elle se tourne de l'autre côté et elle reste là, légumeuse, inutile, psychotique. D'autres types à d'autres tables ont la même posture: vides, creux, débiles -- au sens psychiatrique du XIXème. Le serveur est lui-même un peu attardé; pas désagréable, mais juste bon à n'être que deux mains qui servent. YMCA.
3. Comme une colère qui ne serait que du ressentiment dégageant sa propre énergie, une colère sourde et muette, nécessaire -- et c'est curieusement ce que j'espérais y trouver; bien moins de quoi remplir le frigo qu'une raison pour être en colère.
2. YMCA. Repas au restaurant d'entreprise à côté, qui porte le logo Y rouge et stylisé de la chanson disco -- et dont mes nouveaux collègues de bureau temporaire m'ont dit: "tu peux aller manger au I M KA" -- comme si ils n'avaient jamais entendu la chanson pour s'amuser un tant soit peu du nom du lieu; c'est le genre de détail qui marque une personne, bien plus que sa nuque longue ou sa barbiche.
Je me rends dans le hangar dont ils m'avaient indiqué le chemin et demande au garçon qui tient la caféteria qui se situe à l'entrée, où se trouve le restaurant. Il m'indique dans une langue approximative le chemin; je le fais répéter plusieurs fois tant je ne comprends rien à ce qu'il me dit. Dans la salle, des hommes en bleu de travail sont affalés à des tables en plastique, enfermés dans des petits compartiments séparés par des décorations hors du temps, c'est à dire très années 80, c'est à dire moches et fanés, c'est à dire éclairés par des néons sales. Les ouvriers avaient des visages ravinés, les yeux hagards, il y avait quelque chose d'étrange chez ces hommes qui donnait à l'endroit une ambiance très révolution-industrielle-Zola. Le mur d'en face était décoré d'une fresque pastelle sale où se mêlaient un soleil sale et un jardin vert sale, où jouent des enfants sales qui sourient sur un fond gris et terne. Je traverse le couloir que le garçon m'avait indiqué. Des fenêtres longent le mur et donnent sur des espèces de bureau -- du moins c'est l'impression que j'avais en m'y rendant; en réalité, il s'agissait d'un atelier de couture et de tri de vêtements où travaillent, enfermés derrière des vitres en plexiglass, à la vue de toutes les personnes qui se rendent manger, des idiots, des retardés mentaux, les yeux rouges rivés sur des bacs remplis de bouts de chiffon.
Avec mon plateau-repas, je me rends à une table, et avale la pièce de viande et une platrée de nouilles -- pour seulement 3.85 euro. Le réfectoire est un hangar éclairé par des rangées de néon -- c'est un peu comme manger dans un garage auto, la crasse en moins et une propreté terne et grise qui fait regretter le camboui et le bruit de la ferraille. Je regarde une fille passer, que je trouve plutôt mignonne; je finis mon plat et vais à la caféteria prendre un café. Je m'installe au comptoir, et me retourne vers la salle; à une table, il y a la fille assise avec deux autres types qui discutent, et elle reste là, amorphe, le regard creux -- peut-être les écoute-t-elle, peut-être pense-t-elle à autre chose; elle se tourne de l'autre côté et elle reste là, légumeuse, inutile, psychotique. D'autres types à d'autres tables ont la même posture: vides, creux, débiles -- au sens psychiatrique du XIXème. Le serveur est lui-même un peu attardé; pas désagréable, mais juste bon à n'être que deux mains qui servent. YMCA.
3. Comme une colère qui ne serait que du ressentiment dégageant sa propre énergie, une colère sourde et muette, nécessaire -- et c'est curieusement ce que j'espérais y trouver; bien moins de quoi remplir le frigo qu'une raison pour être en colère.
6 déc. 2004
Rien -- promenade forcée à Blagnac, trois heures à marcher de rond-point en rond-point, d'immeubles en hangars, à insulter les voitures et perdre mon carnet d'adresse au pied d'une carte municipale, à retrouver un peu de contact humain dans un hôtel Sofitel pour passer un coup de fil (la situation aurait pu être risible (et elle l'était) si le réveil n'avait pas été tendu, une nuit pleine de rêves curieux sans souvenir et le néant au bout -- et deux heures en guise de consolation sous la couette à goûter le rien et chercher le vide, le passage obligé pour calmer une plâtrée de nerfs en boule -- et tomber sur une démo de Enjoy the silence, froide, distante, mal bredouillée (et retrouver un peu d'énergie à l'écoute de la version produite -- et comprendre une nouvelle fois de plus quel est le rôle du producteur -- tout comme celui de l'éditeur).
Me demande si je ne suis pas profondément dépressif comme gars.
Me demande si je ne suis pas profondément dépressif comme gars.
2 déc. 2004
Entretien.
Test de personnalité:
Me suis marré en lisant ces résultats "ainsi donc, c'est moi, ça ?" et puis ai pensé à la personne qui avait tout au maximum, c'est à dire quelqu'un qui serait super-social, super-stable, super-autoritaire, super-pondéré, super-minutieux, super-audacieux, super-réaliste, super-créatif, super-esprit-d'équipe, super-conformiste. En gros et en détail, c'est super connard.
Test de personnalité:
- stabilité: moyen moins
- autorité: moyen moins
- pondération: moyen moins
- minutie: minimum
- audace: faible
- réalisme: faible
- créativité: maximum
- esprit d'équipe: moyen moins
- conformisme: moyen moins
- style du candidat: relationnel
- résultat & performance: 9/20
- animation & relation: 16/20
Me suis marré en lisant ces résultats "ainsi donc, c'est moi, ça ?" et puis ai pensé à la personne qui avait tout au maximum, c'est à dire quelqu'un qui serait super-social, super-stable, super-autoritaire, super-pondéré, super-minutieux, super-audacieux, super-réaliste, super-créatif, super-esprit-d'équipe, super-conformiste. En gros et en détail, c'est super connard.
Inscription à :
Articles (Atom)