30 sept. 2005

rien

1. Les journée courtes.

2. Le clavinova, sa place dans l'appartement et dans la journée.

3. L'autre & et le nous.

4. Chercher un travail.

5. La difficulté de se suffire de cela.

11 sept. 2005

la place inoccupée

Entre Habib, les deux filles, le banquier & son sous-fifre, il manque un type: Dieu.

8 sept. 2005

rien

1. Rien.

2. -- être écrasé par tout ce qui nous entoure, ne rien mener à bien, et dans le désarroi le plus total, se rendre compte que tout cela est vain, que tout cela n'est qu'une illusion de plus. Nous ne sommes pas des grands hommes, peut-être nous ne sommes même pas des hommes, à peine des petits animaux qui se promènent la tête pleine d'idées, de rêves qui s'éparpillent tout autour de nous et que nous enjambons lorsqu'ils se dressent face à nous, en montagne blanche d'éternel. Nous n'avons pas la force de nos rêves. Engoncés dans nos certitudes, il nous a fallu du temps pour comprendre que le miel que nous goûtions était du vin aigre, que l'histoire que nous nous inventions se suffisait à elle-même dans cette vie où nous ne prendrons pas pied. Là-bas elle se poursuit, continue son chemin et lorsque certains parfois l'atteignent, nous ne pouvons cacher notre rancoeur. Alors nous dans l'air salé, les poumons broyés par le vent des côtes, le soupir de la mer reflue à nos paupières clignotantes, "non je ne pleure pas, c'est le sel" nous disons, nous ne sommes des hommes que lorsque nous sommes un arbre qui ne veut pas plier sous les rafales.

Alors nous voudrions revenir à ces choses bêtes que les enfants ne goûtent pas tant ils se fascinent à être des pirates sur une mer inconnue. Il n'y a que les adultes qui croient à la douceur du soleil, aux courbes d'une fille, à la caresse de la sieste. Nous aimerions des vagues -- des petites vagues qui viendraient lécher notre peau tout le long -- nous aimerions des vagues à l'écume asserrée autour de nos chevilles. Et regardant l'océan avaler nos pieds, nous ne pourrions nous empêcher de plonger nos yeux dans l'infini azur, comme cracher ce que nous ne pouvons pas avaler.

3. Cette semaine: Zulma & Corti de retour à la maison.

4. Ai décidé d'en finir avec toute la matinée de Habib. Pour me faire une idée.

4. Rien.

7 sept. 2005

rien

1. L'automne.

2. Morne & terne.

3. Rien.

4. Revoir Habib, le reconsidérer, comme celui face au cynisme & au mépris, dans le désarroi que cette parole provoque tant elle semble sonner si juste, si parfaite, si impeccable -- cette parole cynique; non pas la naïveté, parce que la naïveté ne peut pas exister dans cet univers-là coulé dans le béton. Y croire encore.

5 sept. 2005

la ville en carton

1. Aller-retour à Blagnac. Se surprendre à parler à voix haute, à insulter les petites résidences couleur pate d'amande, aux formes dégueulasses.

2. Entretien avec Syl., erasmusienne de ma promo. Tendue, un peu triste, le boulot a l'air ennuyeux, sans grand intérêt. Il ne m'en faut pas plus.

3. Lecture de Jusqu'à Faulkner de Bergounioux, clairvoyant & judicieux. Magnifique comme un pays qui se meurt. Et cette lecture est d'autant plus intime que Bergounioux a fréquenté le lycée où j'ai été. Je me dis que pour saisir Faulkner, il est peut-être nécessaire d'être passé par là, par la campagne, les petits mots des petites gens, les potins, les destins qui s'arrêtent au seuil du canton, où l'horizon est la grande ville, la grande ville dont on en revient silencieux ou menteur, cachant les trésors que l'on y découvre parce que l'on ne partage pas ces choses qui n'ont pas de prix à ces personnes qui les jugent sans valeur, pour lesquelles cela vaut bien moins que rien puisqu'elles n'ont jamais eu le droit d'exister.

4. Magnifique comme un pays qui se meurt.

1 sept. 2005

journée

1. Longue journée, manque de sommeil.

2. Contact pour un autre boulot. Lettre de réception de Rouergue.

3. Des convictions.

faire le point (.)

1. Ai rêvé de l'enterrement de mon père: j'étais dans ma chambre; il y avait ... assise sur mon lit avec laquelle je discutais. Je lui demande si elle connaît un type, elle me répond que Lu. l'a connu mais qu'il est taré; elle me parle d'un autre type, avec insistance.

Le rêve digresse sur une séance de répét' où Ch. me demande si j'utilise pour les rythmes de la delay "c'est pas mal aussi" (...)

Dans le souvenir que j'ai des séquences, on revient à l'enterrement. Visiblement, Ch. est là pour l'enterrement. Ma mère a une photo de mon père à l'hôpital, sur laquelle il est assis dans un lit, habillé en blanc; il ferme les yeux (comme sur certaines photos ratées); il est encadré (tête, buste) d'une halo blanc; ma mère dit que c'est le docteur qui a placé un miroir, pour que la photo puisse être prise. La photo est assez travaillée (arty), recoloriée à la main (les parties noires, avec des petits tirets, des coups de pinceaux).

Il y a ma soeur et mon frère; je discute avec ma soeur; on se dit que c'est libérateur -- comme un poids qui tombe enfin. L'enterrement est strictement réservé aux très proches (ici, on n'inclue même pas la famille; on se dit qu'il faudrait inclure les amis proches; c'est là que Ch. apparaît).


Le rêve digresse (ou se mêle, ou il s'agit d'un autre rêve), une espèce de course poursuite à travers/filigrane/basée sur Ulysse de Joyce. (...) il y a un petit chien nain, style bâtard qui s'appelle Silo et qui porte un petit pull blanc/jaune/crème sur lequel il y a marqué/pas marqué Logic; l'ensemble (pull+chien) s'appelle syllogisme. Dans mon rêve, je me dis qu'il faut que je regarde dans un dictionnaire pour savoir ce que veut dire syllogisme. (...)


SYLLOGISME, subst. masc.
A. LOG. Raisonnement déductif rigoureux se fondant sur les rapports d'inclusion et d'exclusion des propositions sans qu'aucune proposition étrangère soit sous-entendue:
Les hommes, qui se mettent toujours en garde contre l'imagination qu'ils n'ont pas, se confient plus volontiers aux écrivains qui bannissent des discussions philosophiques le talent et la sensibilité, comme s'il n'étoit pas au moins aussi facile de déraisonner (...) avec des syllogismes qu'avec de l'éloquence. Car le syllogisme, posant toujours pour base qu'une chose est ou n'est pas, réduit dans chaque circonstance à une simple alternative la foule immense de nos impressions, tandis que l'éloquence en embrasse l'ensemble.



Je suis avec un type, et nous cherchons quelque chose. Il y a des tentatives, et chaque tentative -- qui correspond à un épisode du livre -- se solde par une conclusion/un rêve/un dessin animé (un dessein animé) où il y a un ou plusieurs petits trombones (les bouts des trombones étaient les yeux, avec pupilles et sourcils) qui résument comme des logos cette tentative. J'ai le souvenir très précis que l'un de ces dessins m'avait fait rire, à propos du timbre; l'un des trombones était en U et l'autre, également en U, frappait dessus, comme un diapason. Il y avait une plaisanteries/jeu de mots sur le "timbre" (ou résonance) qui se produit du côté de l'une des branches mais pas sur l'autre; je ne me souviens plus de la blague, mais j'avais trouvé plutôt ça pertinent -- dans le style "quelle est la différence entre un homme et une femme ? -- c'est blablabla (ahahahah)"

On se dit avec le type que les tentatives/aventures sont longues et compte tenu de l'épaisseur du bouquin, on est loin d'avoir trouvé. Il y a avec nous d'autres personnes; l'ambiance est "début de siècle" -- un type porte un chapeau-melon, épaisse moustache --, un peu comme une petite bande de bourgeois/allumés (genre Philéas Fogg) qui sont également à la recherche de cette chose -- qui s'avère être une personne; comme un meurtrier, mais ce n'est pas aussi violent, il s'agit d'une personne, de retrouver sa "classe" sociale ("c'est le fils machin")

(...)

28 août 2005

a

1. Il entre -- ils le savent parce que la porte vient de claquer, comme toutes les fois qu'il entre ou qu'il sorte. Il s'installe à table, les autres arrivent, un à un. Il (lui) demande à l'autre (lautre) d'aller se laver les mains parce qu'elles sont sales, alors même que les siennes (à lui) sont noires de graisse.

2. Le plus impressionnant est de se rendre compte que le pouvoir qui s'exprimait-là n'avait aucune ascendance, aucune prise; ce n'était ici qu'un caprice, une tentative désespérée de pouvoir -- et qui fonctionnait évidemment dans l'instant, mais une fois cela passé, une fois que la porte avait à nouveau claqué, le pouvoir n'existait plus. Il n'existait pas. C'était un Dieu en contre-plaqué. Et maintenant, il est de pacotille.

25 août 2005

du patafix dans la saucisse

1. Fait:
- envoyé le manuscrit (Rouergue)
- envoyé cv (trop tard)
- rdv à l'asso
- lecture de la bio. sur Faulk.
- ai réfléchi à l'autre bouquin

2. A faire:
- ménage
- réparer la platine (oublier la solution de la patafix)
- trier les disques
- Habib
-
retrouver les scripts php
- faire manuel d'utilisation
- réfléchir sur ce qui rend
- finir paperasse (& mise à jour chez E.)

3. Morne lassitude. Le voisin-bricoleur finira au bout d'une corde.


24 août 2005

du patafix dans le moteur (2)

1. Retrait du patafix. Retour au 33trs version 45trs. Reste à trouver la bonne vitesse.

2. Kook est mort. Un de plus. Après Steiner & pH. Moi aussi un jour je disparaîtrai laissant derrière moi des tonnes de messages idiots sur des forums idiots.

3. Achat en vynil de Blasé de Archie Shepp, de f#a#etc. de Godspeed.

4. A faire:
- envoyer cv
- envoyer manuscrit
- mise à jour chez E.
- trier les disques
- faire paperasse

5. Fait:
- envoi loyer
- tentative réparation de la platine
- réception & feuilletage d'une biographie de Faulkner
- rendez-vous à l'asso.
- achat d'enveloppes, de stylos
- achat d'une revue, café, manger -- pas de sieste
- lettre de motivation, mise à jour du cv

6. A faire pour demain:
- envoyer lettre de motivation & cv
- faire paperasse
- envoyer manuscrit
- trier les disques
- mise à jour chez E.

(ce qui est kif-kif pareil que ce matin. Grr.)

7. Hier:
- Z. m'a appelé hier soir. Ca m'a collé directement une migraine. Non, je n'ai pas envie, et je n'ai pas envie de donner d'explication. Mais pourquoi ? J'ai changé -- oh la belle bleue!
- passage du morceau-tro-bien sur Qbase

8. Ca fait 19 ans que j'écoute Brotherhood de New Order.

9. Rien.

23 août 2005

du patafix dans le moteur

1. La beo tourne au ralenti -- du patafix dans dans le moteur.

2. Redécouverte des disques de Barry White, de Felt -- me souviens encore exactement du solo de Good morning to you. C'est n'importe quoi.

résumé

1. Do slap your bass, dad.

2. Résumé:
a. les crétins, les idiots, les impuissants
b. le contrôle, la maîtrise
c. les hystériques
d. reste à résoudre: ce qui rend impuissant, qui se dit en nahuatl classique, TLAMICTIANI

1. ~ celui qui tue, immole des animaux, boucher (Car. ).
Esp., el que mata bestias, como el carnicero, Carochi Arte 44r.
Angl., butcher (K).
2. ~ ce qui rend impuissant.
Esp., that which causes impotence. Est dit des cacamatl. Sah11,231.

http://sites.estvideo.net/malinal/tl/nahuatlTLAMI.html

21 août 2005

à la dérive

1. Juché sur mon lit superposé -- je dominais de mon perchoir cette soirée d'un mercredi après-midi pluvieux; mes camarades de chambrée entraient & sortaient, revenaient de la douche, buchaient leurs cours, copiaient les devoirs; je lisais Le bruit & la fureur de William Faulkner. Matthieu m'avait même demandé ce que je lisais; Le bruit & la fureur, avais-je répondu, c'est vraiment bien, il écrit ce que pense le personnage.

Je n'arrive pas à savoir à quelle mesure ce livre m'avait impressionné alors. Je crois que je l'ai oublié durant une dizaine d'années, jusqu'à la lecture du Domaine, que ma soeur m'avait donné avec tout un tas d'autres livres -- laquelle m'avait également donné, quelques années plus tôt et quelques années plus tard après ma première lecture du Bruit & la fureur, l'album de la Pléiade, alors même que j'avais oublié ce livre-là, cet auteur-là.

La relecture -- la 3ème -- de ce livre est toujours impressionnante -- comme être face à une masse vivante, inextricable, si complexe qu'il devient nécessaire d'oublier ce qui a à lire pour le comprendre -- chercher à le comprendre dans le moindre de ses recoins, c'est perdre son temps; il n'y a rien à comprendre -- et le résumé en quelques lignes -- l'inceste, la jalousie, le suicide, la haine --, c'est finalement le réduire à peu de choses, c'est passer à côté de l'essentiel. Il n'y a rien à faire face à, si ce n'est se sentir assez minable.

2. Week-end, où comment faire la synthèse de ce qui a été vécu et tirer les leçons en faisant de tout cela un champ de ruine sur lequel il n'y a plus qu'à réinventer une autre manière d'exister, par nécessité. Il n'y a enfin plus d'amertume, seulement de la rage face aux bouffeurs de cervelles hystériques.

14 août 2005

caféine

1. Comme s'il n'y avait pas d'autre solution pour écrire que d'être sous tension, concentré sur le point qui s'ouvre et déverse en bloc tout ce qui n'avait pas été prévu sur le plan de travail -- alors concentré, délier les ramifications, les mettre en marge -- sous le coude -- et s'énerver sur un stylo qui n'écrit plus qu'en pointillé, asséché.

2. Relecture de Lumière d'août. Le rapprochement de la fiction et du fait divers est étonnant. "Il faudrait y mettre le feu, ça prendrait mieux avec de la graisse humaine." (approx.)

3. Relancer les envois; ne pas lâcher le morceau.

4. Ai rêvé de la série des lapins de David Lynch, dont je n'ai vu aucun des épisodes; mais je garde d'agréables souvenirs des épisodes vus la nuit dernière (l'idée centrale -- que je m'en fais -- serait celle du double-bind).

5. Ai rêvé aussi de ..., dans lequel nous faisions du vélo: nous étions sur des étranges machines, des bicyclettes-jumelles, sur lesquelles nous pédalions tour à tour, et j'avais l'agréable sensation, bien que je pédalai dans le vide -- à vide --, de faire avancer notre machine; la paume de sa main recouvrait ma main, ses doigts dans le creux des miens, comme lorsque l'on compare la taille de nos mains et s'enlacent l'une à l'autre. Peut-être n'était-ce pas la première fois que je rêvais d'elle, mais c'était la première fois que je réalisais que cela serait une bonne idée si -- ces espèces de bonnes idées qui ne semblent être que de l'évidence -- qui tombent sous le sens, qui ne sont que du bon sens.

5. Lutter contre la dictature du "il faut".

S'ériger en maître de soi, dominer la dictature que l'on s'impose. La dictature selon laquelle (analyse de ma soeur) on tue l'envie, le désir en faisant l'objet [du désir] une corvée, une épreuve. J'ai envie de ça, de faire ça, de faire ci. L'amener à ce que faire ci, faire ça, devienne une obligation qui répondrait à ce "il faut". Alors qu'il n'y a pas d'obligation dans le désir, celui-ci ne répond à aucune loi d'ordre -- la seule règle qui s'impose dans le désir est celle d'avoir du plaisir, de la satisfaction. En faisant passer l'objet du désir à un objet d'épreuve -- il me faut ça, il me faut faire ça, ci (dans le cas actuel: il faut que j'écrive deux chapitres par mois, ce qui est ridicule, il n'y a pas d'obligation à écrire, il n'y a pas d'arme pointée sur la tempe (et s'il y en avait une, cela serait moi qui la pointerais), il n'y a que du désir à voir écrits deux chapitres par mois afin d'avoir le désir de voir fini avant la fin de l'année un premier jet, pour être ouvertement content de voir ce que ça donne --,

en déplacant l'objet du champ du désir au champ de l'épreuve, le sujet (moi en l'occurence) ne devient plus un sujet désirant, qui pourrait se réaliser en réalisant ce désir, mais un sujet mis face à lui-même, face à ses capacités et ses incapacités, face à ses impuissances -- dans le cas échéant. D'où l'abandon de nombreux projets puisque ceux-ci ont été déplacés du champ du désir pour être placé dans le champ de l'épreuve. Déplacer l'objet du champ du désir dans le champ de l'épreuve, c'est avorter toute idée de plaisir. Une épreuve réussie ne procure comme émotion au mieux qu'un soulagement, au pire le dégoût d'avoir perdu son temps pour arriver à ça, le fruit d'une besogne; dans un aucun cas, il ne s'agira de satisfaction.

(En passant du champ du désir au champ de l'épreuve, il y a passage du sentiment de puissance à celui de pouvoir. Dans l'épreuve, on peut, on a le pouvoir; dans le désir, on veut, on a la volonté. Babioles au demeurant nietzschèennes, mais qui semblent tomber sous le sens, finalement.)

Alors l'envie, la besogne & la volonté.

L'objet une fois déplacé dans le champ de l'épreuve, les forces à mettre en oeuvre pour l'atteindre tiennent le plus souvent de la besogne que du plaisir. Ce n'est que du bien faire, du faire "mieux que mieux que ce qu'il est", de la besogne dégoûtante que l'on s'impose sans péril, sans liberté, sans grâce, ce travail cyclique et répétitif où le plaisir n'est que celui du monomaniaque, du Sisyphe. Il y a d'ailleurs dans ces manoeuvres onanistes pour "bien-faire" un étrange rapport au monde, à l'entour. On (se) bricole la machine dans l'espoir que cela satisfera (l'entour), le plaisir n'est éprouvé que par procuration. En bidouillant ça comme ça, ça devrait plaire -- même si ceci ne se dit jamais ouvertement, il y a souvent dans la phase monomaniaque du projet cette idée qui traîne, comme une tentative d'ouverture au monde, d'idée d'être sur la place publique, où l'objet devient totalement une épreuve -- "ça doit plaire, faisons des concessions" --, alors qu'aux yeux du sujet, il est un pur objet de désir, qu'il bichonne besogneusement. Ici, dans l'imaginaire de l'exposition sur la place publique, le désir n'est plus l'objet, mais ce qu'il provoquera sur l'entour. Nous sommes ici hors-sujet de l'idée originale, qui n'était que d'avoir envie de faire quelque chose, du désir très personnel de faire quelque chose, pour se satisfaire très personnellement, sans moralité, sans ambiguité, sans honte.

(Je souris maintenant au souvenir de ce que j'écrivais, il y a des années, sur la volonté, que j'écrivais sans réellement avoir conscience de ce que cela représentait, et dont je prends conscience de ce que cela entraîne. C'est d'autant plus intriguant que cela n'a abouti qu'à un nième projet avorté parce que pétrifié à l'idée qu'il était insurmontable.

Je n'ai de volonté ni celle de faire, ni celle de devenir et en accord avec cette dernière ni celle d'aimer, de manger, ni même celle de mourir. Sans désir de développer au devant de ma personne une étendue de possibilités au travers lesquelles je pourrais y déployer une nouvelle existence, je n'existe au regard du monde qu'en suspens, comme un doigt longeant sans la toucher une main qui n'appartiendrait pas au même corps. N’ayant plus que pour seul souhait d’en tracer les courbes, d’en mesurer les contours, avec la pudique circonspection d’un sculpteur au regard de son modèle, le doigt en suspens prolongerait chaque mouvement de cette main, s’attachant à ne pas la toucher, en tournoyant tout autour avec l’agilité frileuse d’une abeille à l’approche d’un fruit rouge. La main se laisserait subjuguer prise inexorablement dans les volutes décrites par le doigt se déplaçant par onde le long des phalanges, s’immisçant à l’intérieur de la main jusqu’à trouver refuge au creux de la paume, une paume ouverte comme un atlas offrant en lecture des lignes se coupant les unes aux autres sur lesquelles il poursuivrait sa danse. Offertes en lecture, les lignes sont les plis d’un exercice d’origami, une main devenant un poing, au sein duquel il s’en échapperait comme du sable filant entre les doigts, en laissant pour seule trace sur l’épiderme de sa geôle la vague chaleur d’un contact sans pour autant lui donner le temps d’en connaître la contenance. Repliée sur elle-même, la main se délierait en quête du doigt fugitif mais rien ne pourrait le retenir à aller ici et là, à se promener autour, à se délecter de ne faire qu’effleurer, que d’embrasser la limite de la retenue sans jamais réellement l’atteindre. Parfois par accident, puisque tout comme le silence est une parole qui requière la plus grande des circonspections l’effleurement demande infiniment plus de tact qu’une caresse, le doigt toucherait par mésaventure la peau, mais par rebond s’en écarterait aussitôt ; connaître par piqûre le contact de l’autre épiderme lui suffirait à s’en séparer craignant de s’y consumer, de se fondre en elle et d’y être absorbé à jamais comme un corps par une foule.



8 août 2005

pooh song

1. La réjouissance. Comme une espèce d'énergie qui n'est pas cet excès curieux après lequel s'en suit la léthargie, non pas le phénomène du balancier mais la stabilité dans l'humeur. Comme un discernement entre l'envie et la volonté.

2. Habib 3/12. Plus que 9 ch., soit un peu moins de deux par mois, pour plier l'affaire en premier jet avant la fin de l'année. Assez intrigué de retrouver ce que j'aurai oublié. Mais rien n'est encore trouvé.

25 juil. 2005

Julie G.

1. Les jeunes mamans au jardin des plantes.

2. L'ennui au travail pousse à la recherche de distractions -- chercher des documents privés, ouvrir MSN Messenger et profiter du compte de Julie G. pour se glisse dans la peau d'une fille, le temps de discuter avec ses amis rencontrés sur "cara sexe" -- des crétins de premiers ordres aux visages creux du personnage débile dans 70's show -- pas que le visage d'ailleurs, le cerveau aussi. Julie G., je ne sais pas qui tu es, mais tu m'épates.

3. Songe d'une nuit d'été.

4. Ecrire sans être lisible, vivre sans être visible.

24 juil. 2005

le gambit de la reine

1. Amsterdam par Scott Walker, c'est autre chose que Brel -- même si on ne comprend rien aux paroles, mais on les connaît déjà par coeur -- ce sont les effets spéciaux en plus; bien moins l'épat' que les effets de style.

2. Se trouver une bonne guerre pour garder la tête haute, et peu importe laquelle.

3. Jeter la reine dans la gueule du fou, lui faire traverser la diagonale, et la sacrifier par stratégie; aveugler l'adversaire par une prise hors du commun -- le succès d'une bataille rend souvent aveugle l'adversaire.

4. Revenir à l'essentiel,

Seyton - La reine, monseigneur, est morte.
Macbeth - Elle serait morte un jour ou l'autre.
Un moment serait venu où ce mot eût été dit.
Demain, et puis demain, et puis demain encore,
A pas menus avancent, coulant de jour en jour
Vers l'ultime syllabe des annales du temps,
Et nos hiers n'ont tous éclairé que des sots
Sur le chemin qui mène à la mort poussiéreuse.
Eteins-toi donc, brève chandelle!
La vie n'est qu'une ombre qui passe, un pauvre acteur
Qui parade et s'agite pendant son temps sur scène
Et puis qu'on n'entend plus. C'est un récit conté
Par un idiot, rempli de bruit et de fureur,
Qui ne signifie rien."

23 juil. 2005

honeymoon killers

1. The avalanches. L'album pop parfait.

2. Honeymoon killers.

3. Rien.

4. Exercice policier de contrôle d'émeute. Des élèves policiers se retrouvent face à d'autres élèves policiers jouant le rôle de casseurs. La scène se passe sur un terrain vague, près d'un entrepôt. Les policiers jouent leur rôle, envoient des bombes lacrymogènes sur les casseurs qui jettent des pierres, brûlent des voitures. L'exercice est violent, et des policiers sont blessés. Les casseurs se retranchent dans l'entrepôt; un petit groupe de policiers s'infiltrent dans l'entrepôt. L'exercice bascule dans un affrontement violent, hors contrôle. Un membre du petit groupe est tué; des casseurs le sont également. Un policier est pris en otage, torturé. L'exercice est arrêté par le chef-instructeur. Les casseurs se démasquent et félicitent leurs collègues pour cette bonne baston. Ambiance joviale & bières qui moussent dans les mini-bus.

"hero of the war"

1. Les excuses, rien à f...

2. Rien.

3. Chercher une bonne guerre pour garder la tête haute.