3 juil. 2008

#11

... et les nouveaux petits camarades à l'école leur demandaient où était leur maman et ils se taisaient, n'osant répondre ce qu'il (leur père) leur avait dit sur le tarmac, parmi les malles et les valises que les bleus portaient dans les soutes de l'avion affrété par l'armée "non, elle ne vient pas, elle reste ici, elle ne peut pas venir avec nous, non pas qu'il n'y a pas la place pour prendre toute la terre où elle se trouve, mais, mais, mais..., mais on ne déplace pas les morts et si on veut malgré tout les avoir à côté de soi, alors il faut rester où ils sont et s'enterrer avec; mais nous devons avancer, bien que cela ne soit pas elle (votre maman) qui nous freine -- les morts ne freinent pas, ce sont les vivants qui se donnent toujours des raisons (bonnes ou mauvaises) pour ne pas faire ou faire ce qu'ils ont à faire, les morts sont là parce qu'ils le devaient, et nous, nous nous battons contre ce que nous devons faire, ou non".

25 juin 2008

le centre, la périphérie

1. Le récit ne pouvait pas tenir; il n'est pas un personnage central -- bien qu'il soit le personnage principal -- il vit en périphérie d'une personne. Il lui fallait un centre, et ce centre, c'est moi -- et si Woody Allen interprète certains de ses personnages, alors pourquoi ne deviendrais-je pas l'un des miens -- cette entreprise littéraire commence à me plaire sérieusement!

2. J'ai demandé aux cartes si je devais récrire toute ma première partie et elles m'ont répondu "non, ce n'est pas nécessaire". Devrais-je continuer en tenant compte de ma présence.

2. Rien & tout.

3. Le Parrain 1, mais pas Le Parrain 2. Comme les américains disent: "BIG FUCK OFF".

4. L'esquive: je ne suis pas là où tu m'attends et quand je suis là, tu ne me vois pas.

10 juin 2008

Alors elle vint et alors elle tomba sur moi

Alors elle vint et alors elle tomba sur moi
la face rouge, la face verte -- les cheveux collés par la pluie sur ses joues vertes, comme des trainées filandreuses -- des rivières d'or filant à travers la verdure de sa peau et remontant jusqu'au creux des tempes (l'ivresse m'avait conduit à y poser un doigt -- "ça va pas là, ça va pas là" je répétais en tapotant (et tu riais -- et tu étais saoule -- et nous étions saouls -- et j'étais déjà saoul du son de ta voix, de ton Verbe -- de cette langue que nous formions, l'un & l'autre confinés dans nos mots, dans cette soupe -- salement saouls, nous avons parcouru la ville -- nous les gueules rouges, hululant tournant sur nous, tournant & faisant tourner la terre à la force de nos mollets -- comme un globe roule sous deux doigts en ciseau -- nous les gueules rouges, nous les gueules vertes -- "des roseaux, des roseaux" dis-tu alors en tombant sur le pas de la porte, "des roseaux", oui, tu te pliais comme du roseau et j'ai grimpé sur tes épaules et puis ensuite tu as grimpé sur mes épaules et j'ai continué tu as continué et nous sommes arrivés si haut qu'il nous faisait mal de redescendre, qu'il nous faisait mal de redescendre -- et c'était ça, nous comprenions, nous comprenions, nous les faces rouges, nous les faces vertes, ...

Lundi

1. Rien.

2. Rien.

3. Rien.

1 juin 2008

de la boxe

1. Scott Walker, the Drift.

2. "Toi, t'es un gros con, toi, t'es un gros con". Il s'approchait de moi en me faisant des doigts d'honneur. Je l'ai regardé, éberlué -- ici, je trouvais la première fois de ma vie un sens à ce mot --, et puis j'ai avalé ma coupe de champagne et puis je suis rentré chez moi -- et j'ai entr'aperçu toute la portée d'un par delà Bien & Mal -- les rôles avaient été donnés, et si j'avais été jugé, je l'avais été par contumace; mais il n'y a pas eu de barre, ni d'avocat, ni de juge avec son marteau, pas de salle des pas perdus, juste un code d'honneur qui m'a prêté le rôle du salaud. Mais faudrait-il aussi savoir de quel code d'honneur il s'agit ici, de quoi parle-t-on. Ah oui, de l'honneur des doigts.

3. La boxe est aussi l'art de l'évitement -- éviter les coups, c'est choisir ceux que l'on veut bien prendre et assumer.

22 mai 2008

Nx

1. De la fatigue, du bruit, de la course -- de la course du temps et de ma course dans les couloirs où foncent sur moi les gens qui sortent -- j'esquisse un pas, je les évite, laissant derrière moi une traîne de lumière en suspens quelques secondes et qui disparaît comme j'ai déjà disparu dans l'escalator. La lumière jaune écrase les visages des passagers, tire leurs traits jusqu'au sol et dans lesquels ils se prennent les pieds -- l'un tombe, le suivant le suit, le suivant du suivant le suit à l'identique au sol, nous tombons les uns après les autres dans un flot de râles, de bave -- les gueules déchirées.

2. Marcher toujours sur le même terrain vague comme s'il s'agissait de notre tombe que nous foulerions, pour bien tasser la terre qui la recouvre -- nous serions les fantômes aux chaussures lourdes, délaissés de la Cité, errants sans direction, entrant dans les appartements, et assis là dans un coin, nous regarderions vivre celles & ceux qui nous ont laissés partir -- sur les terrains vagues comme poussent des coquelicots dans les ornières, nous errerions d'immeuble en immeuble, pissant debout contre les murs, crachant sur ta gueule.

19 mai 2008

Transfiguration du centre commercial

1. Le centre commercial de Bergen, dans le New Jersey, abrite une église dans laquelle les clients peuvent s'y recueillir, entre deux achats.

2. Le récit circulaire: ne pas aller d'un point A à un point B, mais aller d'un point A à un point B pour en venir à un point A', point A transfiguré; le cycle se forme (apparaît) en raison de la transfiguration des éléments au point A (centre commercial, H, ville, etc.)

3. Le métro tombe en panne et puis repart. Une fois dehors, à une dame "c'est le genre de journées à la fin de laquelle vous êtes content d'avoir une assurance"; la dame regarde d'un oeil suspicieux.

4. Le lancement d'une nouvelle barre chocolatée pour le petit-déjeuner -- en présence d'une mascotte.

5. La transfiguration du centre commercial en corps vivant, chiant, suintant, pleurant.

18 mai 2008

dénuder les fils

1. Fantaisie militaire. Albert Ayler s'est finalement suicidé.

2. H: passer par le devenir-femme pour redevenir-homme. H se transforme en femme pour devenir un homme -- et se révéler pleinement dans la colère qui va le conduire au passage à l'acte. C'est en tant que femme qu'il va se révéler humain (Homme? homme?)

(Professeur Schreber)

3. Où Comment dans South Park, professeur Garrison s'affirme gay, devient par transformation Madame Garrison, jolie femme hétérosexuelle qui redevient gay-lesbienne. Pas seulement une bonne blague; un juste retour des choses.

4. Revenir à soi, c'est revenir aussi à l'habitude -- jeu d'actes répétés à l'identique qui ne lassent pas. Où comment on peut se coltiner tous les matins la même ration de biscottes, le même bol de nescafé au lait concentré sucré, ceci pendant 40 ans jusqu'à mort s'en suive -- une vie consacrée à la chicorée Leroux, à la Marlboro, aux bâtons d'encens après la cuisine, à la tisane, un corps entièrement lavé au savon de Marseille de la naissance à la disparition, jusqu'à usure de l'épiderme -- jamais on ne se lasse de toute cette consommation habituelle de produits de consommation habituelle et qui est à 90% (stat' molle) le contenu des grandes surfaces.

4b. Se définir par les habitudes les plus invisibles -- en dresser la liste.

[ ] Journée en mousse / [ ] Journée en carton

1. Se tourner dans tous les sens -- ne rien dire & entendre l'autre qui parle tout seul /s'il n'y a pas de solution.../ -- ouvrir les yeux et se retordre encore en fil de fer -- rouvrir encore les yeux (on ne sait plus quelle heure il est, c'est l'heure où tout commence à couler de partout et on n'a pas assez de mains ni de courage pour tout rattraper, ça coule sur les épaules, la gueule, le corps, ça déborde de toute part), ça vient et on le prend comme tel -- des vérités qui s'énoncent (être une merde, tout est vain et tout ce qui a été dit est inutile, tout ce qui a été fait ne valait rien (et on énonce le je) et je ne suis rien, je suis celui qui prétend, qui prétend rien, qui ne sert à rien, ne *te* sert à rien, n'a rien fait, ne fait rien de lui ni des autres, ne bouge pas, se pose dans le ridicule -- et toi qui apparais alors dans le champ des autres, où les nuances entre les personnes n'existent plus, le monde se répartissant en deux groupes distincts, eux (vous) et moi

(et on sait que cela ne va pas durer parce que derrière les oreilles, il y a un système de sécurité qui va reprendre la main, qui va relativiser la situation mais là, à l'heure qui ne figure pas sur la montre, on dégueule, on continue les yeux ouverts, on ne se donne plus de limite)

(on se dit) tout cela n'est rien, ne vaut rien, ce sont les autres qui ont raison -- les vautours, les parasites qui dévorent les humains et les lombrics qui bouffent les cadavres -- on se dresse: tenir droit, tenir ferme, dans la patience -- et ils se précipitent et ils ingurgitent et on reste témoin de nos infimes désastres, impuissants. La rage sourde se terre

(on se dit) qu'on ne figure sur aucune carte, que nous ne sommes ni des montagnes ni des mers, ni des rivières et ni des plaines, ni des villes et ni la maison où l'on a grandi et encore moins le lit dans lequel on va mourir un jour, nous sommes des roues voilées qui allons sur ces cartes, dans ces lits, dans ces maisons -- loin du monde où les autres figurent, et auxquels on ne peut pas parler, parce que notre corps s'arrête là. Alors nous allons, sur nos territoires en nous forgeant un destin -- rationalisant là nos idées, moulant une histoire que l'on parcourt avec une délectation morbide

(on se dit) on périme. Alors toi qui apparais dans le champ des autres, tu te recroquevilles à nouveau /s'il n'y a pas de solution.../ tu disais, et je me retourne encore une fois.

(on se dit) tout est vain et ils ont raison. Tu es un imposteur.

(on déroule le bras, on referme les yeux, on place la jambe gauche sous la jambe droite) on ne se dit plus rien.

2. La logorrhée.

3. [ ] journée en mousse / [ ] journée en carton

4. Comme un mur qui rencontre la tête.

13 mai 2008

Naissance du boxeur

0. Un boxeur qui ne sait pas danser est un boxeur condamné à finir à terre.

1. Ses bras se contractent autour de son visage -- avec ses poings, il arrête les attaques de son adversaire, mais parfois un coup franchit la barrière -- il saigne à l'arcade, il s'essouffle, reprend sa respiration tout en resserrant l'étau autour de son visage -- ses yeux se plissent et il tend le poing gauche qui bute sur les avant-bras de l'autre -- il frappe & encore il bute & il frappe et ses jambes sautillent -- il tourne autour comme l'on danse autour d'un feu -- il garde ses distances et la distance qui le sépare a la longueur de son bras (ne pas trop s'approcher, ne pas en être trop loin, garder la mesure en dansant autour -- un compas qui tourne et trace des cercles, garde ta gauche, garde ta gauche, frappe, et garde ta gauche -- dans les cordes, il le pousse et l'autre vacille, il lit sur ses lèvres qu'il va le tuer, qu'il va l'écraser -- maintenant il s'approche encore plus et la distance qui les sépare est si faible qu'il sent son souffle sur son visage -- tue-le, tue-le -- il est à découvert mais n'a pas le choix, il bourre le visage sur lequel ses poings rebondissent, sur son ventre contre lequel ils s'écrasent -- l'autre s'accroche, mais l'arbitre les sépare (il y a toujours une bonne âme pour séparer deux ennemis, non pas pour que le combat cesse mais pour que les deux parties puissent se voir à nouveau, se regarder droit dans les yeux et s'abattre l'un sur l'autre dans la plus totale des raisons).

2. Il faudra revenir sur cette histoire, ne pas l'oublier -- ne pas l'oublier, c'est m'en souvenir chaque fois que des éléments identiques se mettront en place afin d'acquérir des réflexes de survie (une part de l'instinct est paralysée) -- garde ta gauche, garde ta gauche, frappe & frappe.

3. La conspiration ne se prépare pas au fond d'une cave mais en place publique.

4. La nausée, Sartre.

5. La psychothérapie de groupe consiste en un dortoir rempli de divans disposés en soleil autour d'un fauteuil; les patients s'allongent, tête vers le thérapeute assis au centre du cercle, et parlent tous ensemble (ou non) -- sur son carnet, le thérapeute note la mésentente.

11 mai 2008

Trouver l'animal

Le cheval? La vache? La poule, l'oie, le cochon? La girafe...? ... le crocodile...? Mmh... plutôt un volatile, une bête qui peut disparaître dès que le danger arrive -- pas obligatoirement un oiseau rapide, plutôt même un oiseau bien lourd, un bien qui-sait-pas-trop-volé. Exit donc le pigeon (quoique), exit la colombe (non). Alors?, le serin?, le pinson, le rouge-gorge, l'hirondelle? Mmh,... le coq, la poule -- tiens, intéressant, bien qu'elle ne vole pas vraiment et que ses horaires ne correspondent pas avec l'individu. Exit donc la poule, au regret. Et puis son plumage n'est pas des plus rutilant. On gardera tout de même l'aiguisé du bec et la rapidité à l'attaque fourbe. Mais l'animal doit être beau, attirant. Des couleurs vives, des longues plumes. Et un quelque chose d'intelligent bien que pas vraiment capable. Un truc lourd, avec des couleurs, un semblant d'intelligence, qui sache voler mais plutôt pataud. Mais oui! C'est le perroquet!

17 févr. 2008

papier crayon

1. Prendre des notes sur un carnet, avec du papier et un stylo.

2. gerry, 2 types dans le désert.

3. Tenir un blog qui n'est suivi par personne (ni même par moi).

4. Faire le gerry.

5. La tentation de Nicolas Sarkozy d'en venir à la martyrologie. Ou comment en mettant du mystique dans ses propositions (le devoir de mémoire pour les enfants de cm2 -- entendu à la radio, de sa bouche: "faire cadeau de la mémoire"; mais on ne fait pas "cadeau" de la mémoire, la mémoire se transmet, se porte), du mystique, il va en arriver à la morbidité fascinante que des régimes fascistes aimaient entretenir. Le devoir de mémoire comme outil/instrument pour se rattacher aux ressentiments historiques, ce terreau duquel émerge l'aveuglement pour une cause. Ouvrir les yeux maintenant et ne surtout pas déconnecter.

25 janv. 2008

bashfr

1. H. est entré dans la banque et il ne devrait pas tarder à en sortir.

2. La proposition est bonne: dans un garage, une cave, une chambre, un groupe prépare quelque chose avec patience; leurs mains travaillent vite mais leurs visages sont concentrés, parfois l'un raconte la dernière blague à la mode, les autres rient. On boit un café, on repense encore à une meilleure solution on devrait peut-être faire comme ça, ça me rappelle cette théorie, oui, c'est ça, je te le ramène demain si je le retrouve. Quand il est trop tard, l'un s'endort dans le canapé, l'autre rentre chez lui, se pose une dernière question en enfilant sa veste, un autre prépare du café "j'ai fait du café" dit-il à ceux qui restent. On reprend où l'on s'était arrêté, on reprend la conspiration. Nous serons des héros de guerre.

3. Le raisonnement analogique, l'analyse systémique -- quelque chose m'avait plu, il y a dix ans, dans ce bordel systémique (positive feedback, negative feedback, etc.); reprendre le dada là où je l'avais laissé.

4. Ne pas s'effondrer.

5. mmh!...


[15:03] vento:
taing c't'sieste
[15:03] vento: j'adore trop ça dormir dans les chiottes
[15:03] vento:
[15:04] david: tu devrais faire clodo alors!
[15:04] david: c une réalité au quotidien ça !

21 janv. 2008

Tout-terrain

1 Ne pas assez dériver. Pratiquer le tout-terrain.

2. Glenn Branca: nous devions être en 1994, en juin, la fête de la musique; nous avions sorti les amplis en face de Phonodisc et pendant plus d'une demie-heure, nous avions joué le même accord -- peut-être même que les cordes de nos guitares étaient accordées sur la même note, mais je doute. Je me souviens très précisèment que Michel Cloup s'était arrêté et nous avait regardé d'un air dubitatif. Parfois les noms de mes acolytes me reviennent (Pascale Rivière, Louis Rou(h)au(d) (?), Guillaume Desanges, et.)

3. Selby, Waiting period.

14 janv. 2008

Retour à la boue

1. 2007.

(Ai retrouvé le mot de passe)

2. Un an et plusieurs mois sans écrire. Comme si internet obligeait à ce qu'un site -- un blog, une page personnelle, un myspace, un bidule, un truc -- soit en perpétuelle activité, soit la proie du diktat de la perfusion/profusion. Alors que l'absence est aussi un propos -- c'est un grand classique. Ne jamais le fermer même en la fermant. Un trou, c'est une bouche qui ne dit rien.

3. Après des tergiversations, revenir à H.; toujours dans la boue, le pov' Habib qui rumine sa colère. Un jour, promis, il va vomir.

4. 2008.

1 juil. 2007

juillet

1. Les voitures brûlées sur le trottoir d'en face.

2. L'idée serait de faire l'un de ces héros dont les traits se retournent contre lui-même -- il échapperait pour ainsi dire à l'image qu'il renvoie; le modèle se déplacerait du portrait fait.

31 oct. 2006

la voisine (2)

1. Aujourd'hui, elle était en retard -- du moins fallait-il qu'elle pense l'être pour devoir traverser l'avenue en trotinant. Elle a écouté de la musique sur un lecteur portable de cédés, après avoir sauté la plage 4, elle a écouté à deux reprises la plage 6. Je n'ai par contre pas su ce dont il s'agissait. Elle avait cette fois-ci un cartable en simili-cuir; elle n'est pas descendue à l'arrêt habituel; elle avait ses cheveux attachés en chignon. Elle aurait des doigts de violoniste.

2. L'ecueil à éviter: la digression transgressive; garder la ligne droite, ferme. Réintroduire Habib dans son milieu, sa vie au quotidien, les voisins, les connaissances, les rapports qu'il entretient avec les autres. Introduire un voisin, une voisine, quelqu'un qui sera l'oeil neutre, dépourvu de tout affect, de toute émotion -- un oeil comme une caméra, jugeant à tout va et qui ne dit rien, mais n'en pense pas moins.

30 oct. 2006

les digressions

1. Elle habite dans le quartier; je l'ai observée quelques secondes descendre la rue, marchant d'une allure un peu voûtée, comme déjà âgée. Dans le bus, suite à la descente de plusieurs passagers, nous nous sommes retrouvés face à face -- séparés par la présence d'un autre passager, debout, et qui avec son bras cachait une partie du visage de la jeune femme; ce qui m'a permis d'observer plus en détail et ceci sans être vu, sa bouche -- petites et fines lèvres sur lesquelles glissent un sourire que je ne soupçonnais pas --, un menton rond, des petites fossettes et ses doigts qui tenaient un biscuit chocolaté qu'elle mangeait à deux mains comme un petit écureuil.

2. J'ai commencé Les trois amours des soeurs Piale de Richard Millet. Ses digressions m'ont permis de prendre conscience que la digression ne doit pas être un hasard d'écriture mais un point vers lequel l'auteur amène, à son insu, le lecteur; lui donner une information, faire naître une émotion dans les sentiers battus du récit principal.

10 juil. 2006

L'envergure

1. Douleur à l'oeil gauche; dormi à poil, très mal -- la gorge sèche, mon lit encombré par des hordes d'italiens qui ne cessaient de tomber comme des feuilles, entraînés par Francis Huster. Je me souviens de cette phrase terrible de Robert Walser dans je ne sais plus quel bouquin: "l'italien est moyen". J'ai définitivement décidé d'arrêter de regarder les Sopranos et ne consacrerai plus mes loisirs télévisuels à regarder Plus belle la vie.

2. Nous n'avons pas signé de contrat, mais c'est tout comme: http://www.angstrom-records.net/

3. La douleur à l'oeil gauche est insurmontable; je vais fumer une cigarette.