24 mai 2006

non

Tu peins, tu composes, tu sculptes, tu écris, tu blâmes le monde de n’être qu’une grande surface, tu exposes, tu dis, tu inventes, tu chantes, tu crées ton présent en un théâtre sans spectateur, tu classes, tu tries, tu coupes, tu cisailles et colles des bouts de papier sur une feuille blanche, tu cut-ups et tu souffles dans un tube, et d’un bout de verre tu en fais une pièce unique, et tu brûles, et tu joues, et ton cœur bat comme tu entres en scène, tu crées un présent en un théâtre sans spectateur, et l’on t’applaudit, te félicite, t’encourage, tu existes parmi des millions comme toi, tu est nous et nous sommes infidèles à l’histoire qui n’est plus qu’un grand sac où la main plonge et en sort un morceau peint, composé, sculpté, écrit, retravaillé jusqu’à l’appropriation comme un vol qui aura la valeur de celui qui l’aura volé, samplons, agissons là, peignons, composons, sculptons, écrivons, blâmons le monde, exposons, disons et inventons, chantons-nous le cœur rempli d’une foi aussi puissante que notre impuissance à ne pas voir que tout cela n’est que de la merde.

23 mai 2006

ackles

1. A la recherche du Candy man mythique, tomber sur un titre qui n'a aucun rapport et qui caresse l'oreille comme elle tord fébrilement les tripes, Candy man par David Ackles, illustre inconnu songwriter américain des années 70.

2. Retrouver le courage pour me remettre au dac.

3. Avant tout, il y a le Nom. Avant tout, il y a le Nom -- bien plus que celui que l'on a, mais celui qui nous représente, et celui à travers lequel le Nom nous représente (?).

4. Rechercher le sens en tout cela; ce n'est pas assombrir inutilement des journées entières, mais c'est rechercher ce dont on est fait et qui mène, invariablement. A la suite de cela, il y a la liberté de penser, de juger, d'agir comme bon il nous semble. Mais avant, il y a cette perte de sens, et se saisir de ces instants comme un acrobate de son trampoline, même s'il a le sentiment, durant un court instant, de tomber dans le vide.

18 mai 2006

861

1. Acharnement sur le BWV861; il est maintenant plus délicat -- mais je n'en suis qu'à la 5ème mesure et la route est longue de 20.

2. Avoir trouvé le nom et se sentir enfin en sécurité -- et sentir celui-ci comme une porteuse.

17 mai 2006

mercredi

1. Avancement dans Faction.

2. Au travail, ce sont les vacances; fumer une clope, jouer à un jeu, écrire, faire semblant.

3. David Chatenay vit maintenant à San Francisco, il a une moto et va à des concerts de Sigur Ros; Yann Romagnoli est marié, a deux enfants, et fait des photos très jolies. http://www.photo.net/photos/yannromagnoli.

4. Moi, je vis à Toulouse, j'ai un vélo hollandais, je n'ai pas d'enfant, et je fais aussi des photos http://www.flickr.com/photos/90531613@N00/

5. Toute la journée, je fais de la calligraphie; j'en suis à la lettre S, que je trace assez rapidement, dans le plus pur style de l'écolier appliqué. Et je me dis, en revenant de la machine à café, que j'apprends à écrire.

6. Comme des millions sur terre, je passe ma journée à regarder les culs et les nibards.

16 mai 2006

ex-girlfriend club

1. Je répétais mon BWV861 que j'avais siffloté toute la journée, quand je me suis arrêté subitement; à dire vrai, je me suis arrêté quelques secondes et puis j'ai frappé du poing gauche le piano (mi-fa-sol), et de l'autre main j'ai tenu trois notes mécaniquement, dans la plus claire des lucidités et ceci pendant plusieurs minutes, peut-être même pendant des heures, voire des années (je ne me souviens plus), le temps passait vite, enfermé dans ma rage et cognant sur les notes et ces mots comme ces notes cognées qui revenaient "rien sera toujours, rien sera toujours, rien sera toujours, rien sera toujours".

2. Le titre Ex-girlfriend club sur le dernier album de Television Personalities est effroyable -- combien sommes-nous là dans la rage la plus sourde, la plus muette. Alors nous faisons du rock.

15 mai 2006

sortie du tunnel

1. Je ne sais plus où j'ai écrit cela -- je me souviens juste de l'avoir pensé, et j'ai dû le penser si fort que j'ai l'impression d'avoir donné à cette pensée fugace tout le poids des mots écrits --: l'année 2006 a enfin commencé, le jeudi 11 mai 2006, l'année 2005 a pris fin. Bonne année!

2. J'envie ce type (Trondheim); je passe tous les jours sur son blog, et je me dis que j'aimerais avoir sa capacité de production; il fait quoiqu'il arrive, avance comme un bulldozer.

3. Ai regardé tout le week-end la seconde saison de Curb your enthusiasm, c'est rudemment bien.

4. Ai commencé à prendre des notes pour Faction (titre provisoire). Dans l'idée saugrenue d'aller plus vite, je me dis que ça serait bien que je réalise une petite application qui me permettrait d'écrire; et je me rends compte une fois de plus que c'est une manière détournée pour ne pas m'y mettre réellement. La barbe!

29 avr. 2006

deux choses

1. Elle n'a pas tort, finalement, de se chercher un nom, de vouloir s'en approprier un. Un jour, on deviendra un autre parce qu'il n'est pas possible d'être celui que l'on ne reconnait pas, à travers celui que l'on nous approprie à tort, à notre encontre. Peut-être est-ce finalement ça, rentrer dans la clandestinité, dire: "ce nom, ce n'est pas le mien, et ça, je ne peux pas le faire sous mon nom; celui qui porte ce nom ne peut pas faire cela, il n'en est pas capable". Un exemple risible, mais symptômatique, révélateur de cette aspiration humaine se retrouve dans les comics: un jour, un journaliste, un fils à papa, décident de devenir un autre, non pas pour cacher leurs méfaits, leurs actions; ces actions, ils ne pourraient pas le faire sans ce pseudonyme, cet autre nom qui leur révèle comme un masque leur véritable puissance. Spiderman n'est qu'un pauvre minable, Batman n'est qu'un névrosé richard. Et William Falkner n'est qu'un ivrogne incapable d'écrire l'oeuvre de William Faulkner, et Pessoa avait dans son placard des costumes, des vies différentes qui lui ont donné une plume. Alors entrer dans la clandestinité et devenir un autre, parce que c'est dans ce territoire où les choses se passent -- où l'on doit se frotter; le travail n'est pas d'être là, avec ce nom de carte d'identité, lourd comme un repas de famille de fêtes de fin d'année, mais d'être en dessous, pleinement nous même, monstrueux et honnête.

Et puis plus tard, on redeviendra celui que l'on est, au pire, cela sera au-dessus de la date de naissance et de la date de décés, sur la tombe, un nom dans du marbre. "Il a écrit des livres et il est mort".

2. L'épreuve du divorce et la garde de l'enfant; aujourd'hui j'ai compris ce que j'éprouvais: la rage des pères auxquels on leur refuse de voir leur enfant. Tomber dans l'amertume après une injustice est un signe de faiblesse; c'est tout autant réconfortant que c'est lamentable. A l'heure actuelle, je pourrais en venir à la violence; mais j'apprendrai beaucoup plus en me concentrant sur la rage, et prendre cela non comme un affront mais comme une déclaration -- non pas spécifiquement contre la mère de notre "enfant" mais -- contre l'empire de la Dévoration -- et celle-ci n'est pas une singularité de l'esprit capitaliste, il existe partout, chez les cocos, les totos, les anars, les fachos, partout où l'être humain traîne les guêtres de l'arrogance colonialiste, impérialiste "qui n'assume rien". La violence ne serait donc pas la réponse et répondre par l'arrogance -- qu'il soit à travers le silence ou le déni -- n'est également pas une solution; on y perd notre dignité, la fierté d'être resté aussi longtemps debout; et cette réponse-là -- agir par la violence, la destruction arrogante -- est vaine parce qu'elle détruit cette impatience, ce frein rongé durant tout ce temps. La réponse à cette merde, c'est de ne surtout pas baisser la tête, que cela soit pour rentrer dans le tas où pour se lamenter du mal fait. Garder la tête haute; non, non pas garder la tête haute, parce que nous l'avons déjà haute tenue, visant au loin.

27 avr. 2006

de

1. L'inexistant. Alors on se met dans la position de celui qui n'existe pas, que l'on ne voit pas, ne veut pas, celui qui se réduit à un petit scrupule dans la tête de celui qui fige un instant son regard et tourne la tête, reclus dans son arrogance, continue son chemin, fait son film où il est acteur d'une histoire qu'il espère être le héros -- et celui qui reste là sourit, se repend, se tâte le corps, pourrait sombrer dans l'amertume.

2. Mais ne sombrera pas dans l'amertume; cela se fera avec la rage ou ne se fera pas. Dans le scrupule de celui qui a tourné la tête, poussent déjà les racines de la tragédie qui se jouera un jour.

3. Mais on sait où l'on est, maintenant. Dans quel secteur cela se passe. Et sachant dans quel secteur cela se passe, il n'est plus nécessaire d'y jeter le moindre regard, là où le repus de suffisance ne cesse névrotiquement, hystériquement de se chercher dans le regard de l'autre -- fût-il ignoré la plupart du temps. Dans son coin, l'inexistant avance, sans amertume, la rage marquant son allure.

25 avr. 2006

Privé

1. J'ai l'imagination fertile, celle qui pousse à se parer des habits du misérable, du méprisé.

2. Ce soir, reprise de Habib dans un aveuglement -- ne pas savoir ce qui s'écrit. Mais ça m'a l'air de sonner juste -- pour une fois.

3. Cette satanée époque qui n'en finit plus de ressembler à une vieille dame qui sur son lit de mort, ne cesserait de regarder dans un miroir, le regard qui traversera son visage à l'instant de sa mort -- saisir cet instant par goût du sinistre apitoiement. Ne pas participer à cette mascarade. Rien. Nada. Ne pas céder sur ça.

18 avr. 2006

Accorder

Relecture des premières pages de Habib; elles me sont aussi étrangères que si je n'en avais pas été l'auteur. Rien ne m'intéresse parce que je n'entends rien derrière, aucune voix, aucun souffle qui parle, seulement des mots qui s'alignent, racontent une histoire. Peut-être ne suis-je pas fait pour ce genre de récit -- dont je voudrais qu'il soit tragi-comique, subtile, où le héros serait à mourir de rire et d'une absurdité abyssale.

Et puis vient la réflexion suivante: peut-être que l'écrivain devient lorsqu'il n'est plus dans un souci d'écriture. Peut-être (ah ce fameux peut-être qui dynamite les doutes et assagit les certitudes) suis-je là en train d'écrire une histoire, et non de faire de l'écriture -- puisque tel est ce projet, qui est avant tout de raconter une histoire.

Rien n'est fini.

2 janv. 2006

rewind

A acheter (par ordre d'importance):
- une nouvelle paire de lunettes,
- des étagères,
- une carte-mémoire pro duo de 1Go,
- une guitare électro-acoustique,
- un concert de David S. Ware

En tête:
- Habib,
- La gourmette de l'homme-tronc,
- Matsakis

6 oct. 2005

Bérurier noir

1. Mal à la gorge.

2. Avec du recul sur l'époque, les disques de Bérurier noir sont loin d'être mauvais. Bien plus que cela, ils sont historiquement importants. Tragiques, grotesques, ils sont révélateurs de ce que les années 80 a été: la fin des squatts, l'émergence et la mort d'une certaine idée de l'alternatif. Les années 70, post-68 n'ont jamais été alternatives; tout ceci n'était que flan situ, de la mise en spectacle égoïste, égocentrique. Les punks de la clique à Pacadis n'étaient que des clubbers hypes, tellement stupides qu'ils préféraient s'en foutre et tourner à l'héroïne. Les béruriers noirs, leur boite à rythme drm16, leur guitare et leurs cris, sont musicalement a-typiques, avec quelques brûlots comme jamais la France n'en aura jamais produit -- peut-être faudra-t-il attendre Noir désir pour avoir à nouveau envie de lever le poing comme un manifestant excédé, prêt à la révolution, à la nuance près que la révolution de Noir désir était romantique, poétique, petit-bourgeoise, accessible parce que réalisable dans l'hypothétique monde-poétique; l'idée de la révolution bérurière était réaliste parce qu'elle s'ancrait dans la réalité et sonnait comme déjà jouée, futile, une futilité surenchérit par l'idée de la fête, du grotesque, du pitre absolu. Danser sur les décombres parce qu'il n'y a plus rien à faire, durant ces années 80, tout est déjà fait (ou bien: la guerre est déjà finie depuis longtemps). Comme s'acharner sur un cadavre qui ne bouge même plus.

30 sept. 2005

rien

1. Les journée courtes.

2. Le clavinova, sa place dans l'appartement et dans la journée.

3. L'autre & et le nous.

4. Chercher un travail.

5. La difficulté de se suffire de cela.

11 sept. 2005

la place inoccupée

Entre Habib, les deux filles, le banquier & son sous-fifre, il manque un type: Dieu.

8 sept. 2005

rien

1. Rien.

2. -- être écrasé par tout ce qui nous entoure, ne rien mener à bien, et dans le désarroi le plus total, se rendre compte que tout cela est vain, que tout cela n'est qu'une illusion de plus. Nous ne sommes pas des grands hommes, peut-être nous ne sommes même pas des hommes, à peine des petits animaux qui se promènent la tête pleine d'idées, de rêves qui s'éparpillent tout autour de nous et que nous enjambons lorsqu'ils se dressent face à nous, en montagne blanche d'éternel. Nous n'avons pas la force de nos rêves. Engoncés dans nos certitudes, il nous a fallu du temps pour comprendre que le miel que nous goûtions était du vin aigre, que l'histoire que nous nous inventions se suffisait à elle-même dans cette vie où nous ne prendrons pas pied. Là-bas elle se poursuit, continue son chemin et lorsque certains parfois l'atteignent, nous ne pouvons cacher notre rancoeur. Alors nous dans l'air salé, les poumons broyés par le vent des côtes, le soupir de la mer reflue à nos paupières clignotantes, "non je ne pleure pas, c'est le sel" nous disons, nous ne sommes des hommes que lorsque nous sommes un arbre qui ne veut pas plier sous les rafales.

Alors nous voudrions revenir à ces choses bêtes que les enfants ne goûtent pas tant ils se fascinent à être des pirates sur une mer inconnue. Il n'y a que les adultes qui croient à la douceur du soleil, aux courbes d'une fille, à la caresse de la sieste. Nous aimerions des vagues -- des petites vagues qui viendraient lécher notre peau tout le long -- nous aimerions des vagues à l'écume asserrée autour de nos chevilles. Et regardant l'océan avaler nos pieds, nous ne pourrions nous empêcher de plonger nos yeux dans l'infini azur, comme cracher ce que nous ne pouvons pas avaler.

3. Cette semaine: Zulma & Corti de retour à la maison.

4. Ai décidé d'en finir avec toute la matinée de Habib. Pour me faire une idée.

4. Rien.

7 sept. 2005

rien

1. L'automne.

2. Morne & terne.

3. Rien.

4. Revoir Habib, le reconsidérer, comme celui face au cynisme & au mépris, dans le désarroi que cette parole provoque tant elle semble sonner si juste, si parfaite, si impeccable -- cette parole cynique; non pas la naïveté, parce que la naïveté ne peut pas exister dans cet univers-là coulé dans le béton. Y croire encore.

5 sept. 2005

la ville en carton

1. Aller-retour à Blagnac. Se surprendre à parler à voix haute, à insulter les petites résidences couleur pate d'amande, aux formes dégueulasses.

2. Entretien avec Syl., erasmusienne de ma promo. Tendue, un peu triste, le boulot a l'air ennuyeux, sans grand intérêt. Il ne m'en faut pas plus.

3. Lecture de Jusqu'à Faulkner de Bergounioux, clairvoyant & judicieux. Magnifique comme un pays qui se meurt. Et cette lecture est d'autant plus intime que Bergounioux a fréquenté le lycée où j'ai été. Je me dis que pour saisir Faulkner, il est peut-être nécessaire d'être passé par là, par la campagne, les petits mots des petites gens, les potins, les destins qui s'arrêtent au seuil du canton, où l'horizon est la grande ville, la grande ville dont on en revient silencieux ou menteur, cachant les trésors que l'on y découvre parce que l'on ne partage pas ces choses qui n'ont pas de prix à ces personnes qui les jugent sans valeur, pour lesquelles cela vaut bien moins que rien puisqu'elles n'ont jamais eu le droit d'exister.

4. Magnifique comme un pays qui se meurt.

1 sept. 2005

journée

1. Longue journée, manque de sommeil.

2. Contact pour un autre boulot. Lettre de réception de Rouergue.

3. Des convictions.

faire le point (.)

1. Ai rêvé de l'enterrement de mon père: j'étais dans ma chambre; il y avait ... assise sur mon lit avec laquelle je discutais. Je lui demande si elle connaît un type, elle me répond que Lu. l'a connu mais qu'il est taré; elle me parle d'un autre type, avec insistance.

Le rêve digresse sur une séance de répét' où Ch. me demande si j'utilise pour les rythmes de la delay "c'est pas mal aussi" (...)

Dans le souvenir que j'ai des séquences, on revient à l'enterrement. Visiblement, Ch. est là pour l'enterrement. Ma mère a une photo de mon père à l'hôpital, sur laquelle il est assis dans un lit, habillé en blanc; il ferme les yeux (comme sur certaines photos ratées); il est encadré (tête, buste) d'une halo blanc; ma mère dit que c'est le docteur qui a placé un miroir, pour que la photo puisse être prise. La photo est assez travaillée (arty), recoloriée à la main (les parties noires, avec des petits tirets, des coups de pinceaux).

Il y a ma soeur et mon frère; je discute avec ma soeur; on se dit que c'est libérateur -- comme un poids qui tombe enfin. L'enterrement est strictement réservé aux très proches (ici, on n'inclue même pas la famille; on se dit qu'il faudrait inclure les amis proches; c'est là que Ch. apparaît).


Le rêve digresse (ou se mêle, ou il s'agit d'un autre rêve), une espèce de course poursuite à travers/filigrane/basée sur Ulysse de Joyce. (...) il y a un petit chien nain, style bâtard qui s'appelle Silo et qui porte un petit pull blanc/jaune/crème sur lequel il y a marqué/pas marqué Logic; l'ensemble (pull+chien) s'appelle syllogisme. Dans mon rêve, je me dis qu'il faut que je regarde dans un dictionnaire pour savoir ce que veut dire syllogisme. (...)


SYLLOGISME, subst. masc.
A. LOG. Raisonnement déductif rigoureux se fondant sur les rapports d'inclusion et d'exclusion des propositions sans qu'aucune proposition étrangère soit sous-entendue:
Les hommes, qui se mettent toujours en garde contre l'imagination qu'ils n'ont pas, se confient plus volontiers aux écrivains qui bannissent des discussions philosophiques le talent et la sensibilité, comme s'il n'étoit pas au moins aussi facile de déraisonner (...) avec des syllogismes qu'avec de l'éloquence. Car le syllogisme, posant toujours pour base qu'une chose est ou n'est pas, réduit dans chaque circonstance à une simple alternative la foule immense de nos impressions, tandis que l'éloquence en embrasse l'ensemble.



Je suis avec un type, et nous cherchons quelque chose. Il y a des tentatives, et chaque tentative -- qui correspond à un épisode du livre -- se solde par une conclusion/un rêve/un dessin animé (un dessein animé) où il y a un ou plusieurs petits trombones (les bouts des trombones étaient les yeux, avec pupilles et sourcils) qui résument comme des logos cette tentative. J'ai le souvenir très précis que l'un de ces dessins m'avait fait rire, à propos du timbre; l'un des trombones était en U et l'autre, également en U, frappait dessus, comme un diapason. Il y avait une plaisanteries/jeu de mots sur le "timbre" (ou résonance) qui se produit du côté de l'une des branches mais pas sur l'autre; je ne me souviens plus de la blague, mais j'avais trouvé plutôt ça pertinent -- dans le style "quelle est la différence entre un homme et une femme ? -- c'est blablabla (ahahahah)"

On se dit avec le type que les tentatives/aventures sont longues et compte tenu de l'épaisseur du bouquin, on est loin d'avoir trouvé. Il y a avec nous d'autres personnes; l'ambiance est "début de siècle" -- un type porte un chapeau-melon, épaisse moustache --, un peu comme une petite bande de bourgeois/allumés (genre Philéas Fogg) qui sont également à la recherche de cette chose -- qui s'avère être une personne; comme un meurtrier, mais ce n'est pas aussi violent, il s'agit d'une personne, de retrouver sa "classe" sociale ("c'est le fils machin")

(...)

28 août 2005

a

1. Il entre -- ils le savent parce que la porte vient de claquer, comme toutes les fois qu'il entre ou qu'il sorte. Il s'installe à table, les autres arrivent, un à un. Il (lui) demande à l'autre (lautre) d'aller se laver les mains parce qu'elles sont sales, alors même que les siennes (à lui) sont noires de graisse.

2. Le plus impressionnant est de se rendre compte que le pouvoir qui s'exprimait-là n'avait aucune ascendance, aucune prise; ce n'était ici qu'un caprice, une tentative désespérée de pouvoir -- et qui fonctionnait évidemment dans l'instant, mais une fois cela passé, une fois que la porte avait à nouveau claqué, le pouvoir n'existait plus. Il n'existait pas. C'était un Dieu en contre-plaqué. Et maintenant, il est de pacotille.