13 janv. 2011

Aime-moi deux fois

1. Le livre sur Albert Ayler -- quand l'ai-je vraiment découvert, pas lors de cette soirée avec l'écoute de sa version de Summertime, mais plutôt la rencontre, une rencontre comme il en existe peu -- cela se résume certainement à Faulkner, Ayler -- soit à eux deux le bruit et la fureur -- et puis Spinoza -- soit l'opposé aux deux précédents -- mais l'est-il vraiment, opposé aux deux autres?

1b. Toujours cette idée du faux départ: il n'y a pas de première fois absolue, ou alors il s'agit d'un coup de foudre et cela se consume nécessairement -- le temps qui s'écoule entre les deux départs, entre le faux départ et le vrai départ guide la rencontre, donne le temps (bien que passé, ce temps rentrera dans l'histoire commune, c'est un flottement, théâtre de variations, de désir, de naissance du désir, de révélation du désir, d'ajustements, de prises de position que cette première rencontre aura initié et qui feront que la seconde rencontre sera possible ou non, sera le début ou l'avortement d'une histoire). La révélation, le temps de la révélation, similaire au traitement de la photographie argentique, et en opposition, le numérique qui ne laisse pas de temps à la révélation, l'image apparaît immédiatement, dans sa fulgurance, instantanée, sans histoire, sans ce temps entre la prise et l'apparition. (J'aime bien comment ils racontent leur rencontre: -- la première fois, c'était ce soir-là, dans cette boite -- non, c'était à un autre moment -- oui, c'était la première fois mais ce n'était pas la vraie première fois, la vraie première fois, c'était quand, ici, là.)

"Love me two times" dit la chanson.




2. La question de l'affranchissement -- y revenir, à propos de Christophe, sa musique. Les miens.

3. Janvier, le vacillement perpétuel, en équilibre, d'un côté de l'autre. Papa s'en sort encore une fois de plus.

5. "Toi aussi t'es parfois difficile à cerner." Si au moins on savait jusqu'où l'on s'étend, jusqu'où l'on peut aller.